Frise chronologique
1271
Fin des comtes de Toulouse
Fin des comtes de Toulouse
1271 (≈ 1271)
Construction postérieure de 50 ans.
1ère moitié du XIVe siècle
Construction initiale
Construction initiale
1ère moitié du XIVe siècle (≈ 1450)
Période de prospérité de Cordes-sur-Ciel.
XVIIe siècle
Modifications inférieures
Modifications inférieures
XVIIe siècle (≈ 1750)
Ouvertures rectangulaires ajoutées.
Années 1920
Restauration des fenêtres
Restauration des fenêtres
Années 1920 (≈ 1920)
Reconstitution partielle du 1er étage.
8 mars 1923
Classement façade sur rue
Classement façade sur rue
8 mars 1923 (≈ 1923)
Protection monument historique.
8 août 1991
Classement parties arrière
Classement parties arrière
8 août 1991 (≈ 1991)
Extension de la protection.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façade sur rue : classement par décret du 8 mars 1923 ; Façade arrière, façades latérales, tour d'escalier et toitures correspondantes ; intérieur, y compris le décor peint, de la partie médiévale ; façades et toitures des bâtiments sur la cour et sur la rue Obscure ; sol de la cour et citerne (cad. AK 90, 92, 217, 221, 222) : classement par arrêté du 8 août 1991
Personnages clés
| Charles Portal - Historien local |
A analysé les sculptures de la façade. |
| Michèle Pradalier-Schlumberger - Archéologue |
A étudié Cordes et ses monuments. |
| Comtes de Toulouse - Seigneurs régionaux (légende) |
Associés par erreur à la maison. |
Origine et histoire
La maison du Grand Veneur, aussi appelée maison Céré, est une construction gothique emblématique de Cordes-sur-Ciel, dans le Tarn. Classée monument historique en 1923 et 1991, elle illustre la richesse architecturale de la ville au Moyen Âge. Sa façade, ornée d'arcades ogivales et de baies géminées, se distingue par une frise sculptée représentant des scènes de chasse, à l'origine de son nom. Bien que souvent associée à une légende liant Cordes aux comtes de Toulouse, sa construction, datée du XIVe siècle, est en réalité postérieure de plusieurs décennies à la disparition de ces derniers en 1271.
La maison fait partie des nombreux édifices civils gothiques qui ont valu à Cordes-sur-Ciel le surnom de « cité aux cent ogives ». Construite par une famille aisée locale, elle a subi des modifications jusqu’au XVIIIe siècle, notamment au niveau des ouvertures du rez-de-chaussée. Son architecture, avec quatre étages au lieu de trois, et ses décors sculptés – bien que jugés parfois rustiques – en font un témoignage remarquable de l’art gothique civil. La façade sur rue, classée dès 1923, contraste avec les parties arrière, protégées plus tardivement en 1991, qui incluent une tour-escalier, une citerne et des toitures.
À l’intérieur, la maison conserve une disposition typique des demeures médiévales, avec des salles allongées aux plafonds à la française et des décors muraux peints (damiers, fleurs de lys, scènes de bataille). Ces éléments, ainsi que les niches et percements gothiques, reflètent la prospérité de Cordes au XIVe siècle, période faste pour la ville. La maison du Grand Veneur, comme celles du Grand Écuyer et du Grand Fauconnier, incarne ainsi le patrimoine architectural et légendaire de cette cité perchée, aujourd’hui classée parmi les plus beaux villages de France.
Les sources historiques, comme les travaux de Charles Portal ou Michèle Pradalier-Schlumberger, soulignent son importance dans le paysage urbain de Cordes. La maison, aujourd’hui propriété privée, reste un symbole de l’âge d’or médiéval de la ville, marqué par un essor économique et une architecture civile ambitieuse. Son classement successif a permis de préserver tant sa façade emblématique que ses éléments intérieurs, offrant un aperçu rare de la vie bourgeoise au Moyen Âge dans le Sud-Ouest.