Origine et histoire de la Maison du Gros Chien
La maison du Gros Chien est un ensemble architectural situé à Sedan, dans le département des Ardennes, construit en 1629 par Henri de Lambermont, maître de forges. Ce complexe, initialement une académie militaire, fut transformé en manufacture de draps par Denis Rousseau en 1688. Le bâtiment principal, rue du Ménil, présente une façade à deux étages avec un portail orné de pilastres cannelés et un fronton brisé, tandis que les combles sont éclairés par trois lucarnes triangulaires. La date de construction, 1629, est visible grâce aux têtes de tirants métalliques en façade.
La première cour, dite « cour des têtes », se distingue par ses mascarons sculptés sur les linteaux des fenêtres, censés représenter Élisabeth de Nassau et son entourage. Les bâtiments de cette cour, en pierre de taille, comportent un étage et des combles avec lucarnes à fronton cintré. Une deuxième cour, plus sobre, relie les espaces intérieurs et ouvre sur la rue de Berchet. Les matériaux y sont plus simples, avec des moellons et des encadrements en pierre de taille, reflétant une architecture utilitaire.
À l’origine, la manufacture des Gros-Chiens était un concurrent majeur du Dijonval, une autre fabrique textile locale. En 1823, Laurent Cunin-Gridaine rachète et étend le site, avant qu’il ne soit qualifié de « maison » en 1842, marquant la fin de son usage industriel. Classé monument historique en 1978, l’édifice témoigne de l’importance de l’industrie drapière à Sedan, ville marquée par cette activité du XVIIe au XIXe siècle.
Les éléments protégés incluent les façades et toitures sur la rue du Ménil et les deux premières cours, ainsi que le grand escalier en fer forgé. L’adresse exacte, 1 rue du Mesnil et 2-4 rue Berchet, confirme son ancrage dans le centre historique de Sedan, près du château-fort. Les sources, comme les ouvrages de Gérard Gayot ou Pierre Congar, soulignent son rôle dans le patrimoine industriel ardennais.
La manufacture, privilégiée en 1726, illustre l’essor économique de Sedan sous l’Ancien Régime. Son architecture mêle décors soignés (escalier en fer forgé, mascarons) et structures fonctionnelles (cours intérieures, bâtiments en moellons). L’ensemble, aujourd’hui préservé, offre un exemple rare de transition entre habitat bourgeois et site de production textile, caractéristique des villes manufacturières de l’Est de la France.
Le site, ouvert à la visite sous conditions, conserve des traces de son passé industriel, comme les lucarnes moulurées ou les encadrements en pierre. Son classement en 1978 a permis de sauvegarder un patrimoine lié à l’âge d’or des draps de Sedan, dont la réputation dépassait les frontières du royaume. Les archives cadastrales et les études locales, comme celles de Maya Bennani, documentent son évolution architecturale et sociale.