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Maison du XVIe siècle à Tréguier en Côtes-d'Armor

Maison du XVIe siècle

    20 Rue Colvestre22220 Tréguier
Propriété privée
Maison du XVIe siècle
Maison du XVIe siècle
Maison du XVIe siècle
Maison du XVIe siècle
Maison du XVIe siècle
Maison du XVIe siècle
Maison du XVIe siècle
Maison du XVIe siècle
Maison du XVIe siècle
Crédit photo : GO69 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
XVe siècle (début)
Construction initiale présumée
1588-1598
Destruction partielle possible
1612
Première mention archivistique
1651
Description dans un aveu successoral
Fin XVIe - début XVIIe siècle
Remplacement du pan de bois
17 décembre 1926
Classement Monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façade et toiture (cad. AB 219) : inscription par arrêté du 17 décembre 1926

Personnages clés

Henry de Kergrec’h - Seigneur du Verger et prévôt de Tréguier Propriétaire en 1612, noble influent
Jullien Robin - Locataire en 1612 Artisan lié à la cathédrale ?
François Garjan - Chevalier et seigneur de Kerverzault Propriétaire au XVIIIe siècle
Daniel Leloup - Historien ou architecte A proposé une reconstitution
Nicole Chouteau - Historienne locale Études sur les artistes Robin

Origine et histoire

La Maison du XVIe siècle, située 22 rue Colvestre à Tréguier (Côtes-d’Armor), est un exemple remarquable d’architecture civile bretonne de la Renaissance. Sa façade en granite gris, ornée d’ouvertures gothiques flamboyantes (arcades au rez-de-chaussée, fenêtres à meneaux à l’étage), témoigne d’un savoir-faire artisanal raffiné. À l’origine, un étage en pan de bois en encorbellement surplombait la rue, remplacé ultérieurement par une maçonnerie de moellons après sa destruction probable lors des guerres de la Ligue (1588-1598). La maison adopte un plan tripartite centré sur une cage d’escalier en vis de 3,15 mètres de diamètre, desservant cinq niveaux dont deux entresols. Son organisation spatiale suggère une vocation à la fois résidentielle et professionnelle, peut-être liée à un atelier d’artisan (orfèvre ou bijoutier), protégé par un système de surveillance via un juda en surplomb.

La demeure se distingue par sa chapelle privée au deuxième étage, élément exceptionnel dans une maison urbaine bretonne. Dotée d’une niche-crédence pour les objets liturgiques et de deux hagioscopes (ouvertures permettant de voir l’autel depuis les pièces adjacentes), elle révèle l’importance du culte domestique pour ses occupants. Une baie à vitrail (aujourd’hui disparue) et des consoles sculptées pour statues complétaient cet espace sacré. La tour d’escalier, initialement surmontée d’un pigeonnier accessible par une tourelle secondaire, conserve des vestiges de charpente armoricaine avec hourdis de terre. La maison offrait une vue panoramique sur la cathédrale Saint-Tugdual, le porche ouest de celle-ci, et l’embouchure de la rivière de Tréguier, soulignant son statut social élevé.

Les archives mentionnent la maison comme « grande maison noble de Kericuf » en 1612, propriété d’Henry de Kergrec’h, seigneur du Verger et prévôt de Tréguier en 1593. Louée à Jullien Robin (peut-être un artisan lié à la cathédrale), elle passe en 1651 à ses héritiers, puis au XVIIIe siècle à François Garjan, chevalier et seigneur de Kerverzault. Son appellation ultérieure de « maison du duc Jean V » semble être une attribution postérieure à l’Ancien Régime, sans fondement historique vérifié. Classée Monument historique en 1926 pour sa façade et sa toiture, elle illustre l’évolution architecturale des hôtels urbains bretons, entre tradition médiévale (pan de bois, hagioscopes) et innovations Renaissance (symétrie, pierre de taille).

Liens externes

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