Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Maison d’arrêt à Riom dans le Puy-de-Dôme

Maison d’arrêt

    12 Rue Valmy
    63200 Riom
Propriété de la commune

Frise chronologique

Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1854
Premier projet
1858
Projet définitif adopté
1866
Mise en service
1942
Procès de Riom
1941-1944
Détention de prisonniers politiques
2024
Protection du monument
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

La maison d’arrêt en totalité, avec ses éléments bâtis, ses sols, son porche, ses murs d’enceinte, ses cours, à l’exclusion des adjonctions postérieures à 1945, située sur la parcelle n° 127, figurant au cadastre section AV, ainsi que le souterrain reliant la maison d’arrêt au palais de justice, situé sous la place des Martyrs de la Résistance et sous les Boulevards Chancelier de l’Hospital / Boulevard Desaix, non cadastrés : inscription par arrêté du 28 mai 2024

Personnages clés

Aymon Mallay - Architecte départemental Concepteur du projet définitif en 1858.
Jean Zay - Prisonnier politique Détenu de 1941 à 1944, auteur de textes.
Maréchal De Lattre de Tassigny - Prisonnier politique Incarceré entre 1941 et 1943.
Léon Blum - Inculpé au procès de Riom Interné pendant les audiences en 1942.
Édouard Daladier - Inculpé au procès de Riom Détenu lors du procès en 1942.

Origine et histoire

La maison d’arrêt de Riom, construite au XIXe siècle, s’inscrit dans une enceinte rectangulaire dotée d’un chemin de ronde. Cinq bâtiments parallèles, reliés par une galerie centrale, abritent l’administration, des pavillons de détention masculine (sur deux niveaux), et un pavillon féminin avec chapelle. Les cellules, alignées au nord, sont distribuées par un couloir longitudinal sud. L’ensemble, en pierre de Volvic, présente une ordonnance symétrique et régulière, avec des baies cintrées identiques, même à l’arrière où elles sont partiellement aveugles.

Initialement située près du palais de justice, la prison est reconstruite selon un plan en grille, adopté en 1858, remplaçant un premier projet cellulaire rayonnant de 1854. Ce plan reflète les directives de l’époque, privilégiant les dortoirs et espaces collectifs, ainsi que la séparation des détenus par type de peine. Inaugurée en 1866, la maison d’arrêt subit peu de modifications ultérieures, à l’exception de bâtiments annexes ajoutés au XXe siècle et d’aménagements intérieurs mineurs.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la prison accueille des prisonniers politiques, dont le maréchal De Lattre de Tassigny (1941-1943) et Jean Zay (1941-1944), qui y rédige des textes personnels et politiques. Lors du procès de Riom en 1942, des inculpés comme Léon Blum, Édouard Daladier et Maurice Gamelin y sont internés dans un quartier spécialement aménagé pour les jours d’audience. Ces événements marquent son histoire comme lieu de détention et de résistance.

Le monument, protégé en totalité par un arrêté de 2024, inclut ses murs d’enceinte, ses cours, et un souterrain le reliant au palais de justice. Son architecture, signée par l’architecte départemental Aymon Mallay, illustre les principes pénitentiaires du XIXe siècle, alliant rigueur fonctionnelle et esthétique soignée. La pierre de Volvic, utilisée en moellons et en pierre appareillée, confère à l’édifice une unité stylistique remarquable.

Liens externes