Frise chronologique
1880
Construction de la maison
Construction de la maison
1880 (≈ 1880)
Date de la maison originelle
1921
Installation de Joseph Bernard
Installation de Joseph Bernard
1921 (≈ 1921)
Achat et aménagement de l’atelier
1924
Commande de *Jeunesse charmée par l’Amour*
Commande de *Jeunesse charmée par l’Amour*
1924 (≈ 1924)
Œuvre pour le Petit Palais
1925
Exposition des Arts décoratifs
Exposition des Arts décoratifs
1925 (≈ 1925)
Collaboration avec Ruhlmann pour la *Frise de la Danse*
1931
Décès de Joseph Bernard
Décès de Joseph Bernard
1931 (≈ 1931)
Fin de l’activité créative dans l’atelier
2000
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
2000 (≈ 2000)
Protection de la maison et de l’atelier
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Maison et atelier, ainsi que le sol des parcelles V 129 et 130 : inscription par arrêté du 4 septembre 2000
Personnages clés
| Joseph Bernard - Sculpteur et dessinateur |
Propriétaire et créateur dans l’atelier |
| Charles Plumet - Architecte |
Concepteur de l’atelier en 1921 |
| Émile-Jacques Ruhlmann - Ébéniste et décorateur |
Auteur du mobilier et collaborateur |
| Jean Bernard - Fils de Joseph Bernard |
Cofondateur de la Fondation de Coubertin |
| Raymond Subes - Ferronnier |
Collaborateur pour les éléments métalliques |
Origine et histoire
La maison-atelier de Joseph Bernard, située à Boulogne-Billancourt, est un témoignage architectural et artistique des 4e quart du XIXe et 1er quart du XXe siècle. Acquise par le sculpteur en 1921, elle abrite son atelier conçu par l'architecte Charles Plumet, tandis que le mobilier fut réalisé par l'ébéniste Émile-Jacques Ruhlmann. Ce lieu conserve des traces de son travail, comme le moulage de la frise La Danse ou des œuvres exposées (bronzes, dessins, aquarelles).
Joseph Bernard (1866–1931), originaire de Vienne (Isère), s’installe définitivement à Boulogne-sur-Seine en 1921 après une carrière marquée par des influences variées : académisme, symbolisme, et l’émancipation de l’ombre de Rodin. Son atelier devient un lieu central pour la promotion de la taille directe, mouvement qu’il incarne aux côtés d’artistes comme Bourdelle ou Maillol. La maison, classée Monument Historique en 2000, illustre cette période charnière entre tradition et modernité.
L’atelier abrite des œuvres emblématiques comme L’Effort vers la Nature (1905), première sculpture taillée directement dans la pierre par Bernard, ou des études pour des commandes publiques, telle la Jeunesse charmée par l’Amour (1924) pour le Petit Palais. Le lieu reflète aussi ses collaborations, notamment avec Ruhlmann pour l’Exposition des Arts décoratifs de 1925, où il réalise la Frise de la Danse.
La postérité de Bernard est assurée par son fils Jean, qui cofonde la Fondation de Coubertin, dépositaire d’un fonds majeur de ses œuvres (35 sculptures, 1 500 dessins). Après une période d’oubli, des expositions comme celle de l’Orangerie de Versailles (2007–2008) ont relancé l’intérêt pour son travail, aujourd’hui présent dans des musées comme Orsay ou Grenoble.
Classée pour son mobilier et son architecture, la maison-atelier incarne l’héritage d’un artiste pivot entre le symbolisme et l’Art Déco. Son inscription en 2000 protège un ensemble unique, mêlant création sculpturale, dessin et décoration, tout en documentant les techniques innovantes de Bernard, comme l’usage de la plastiline dans ses dernières années.