Origine et histoire de la Maison européenne
La Maison européenne de la photographie (MEP) a été fondée en 1978 sous l’impulsion de Jacques Chirac, alors maire de Paris, et d’Henry Chapier. Elle a ouvert ses portes en février 1996 dans l’hôtel Hénault, un hôtel particulier du XVIIIe siècle situé au 5/7 rue de Fourcy. Ce bâtiment, construit en 1706 pour Hénault de Cantobre, a été rénové et agrandi par l’architecte Yves Lion, avec des modifications controversées comme la suppression de boiseries anciennes et la destruction des remises de carrosses.
La MEP est un lieu dédié à la photographie contemporaine, abritant une collection de plus de 30 000 œuvres, une bibliothèque de 36 000 ouvrages, un auditorium de 100 places, et une vidéothèque. Elle propose des expositions, des conférences, des cycles de films et des ateliers éducatifs. Jusqu’en 2024, elle a également accueilli l’Atelier de restauration et de conservation des photographies de la Ville de Paris (ARCP), créé en 1983 pour préserver le patrimoine photographique municipal.
Le centre a été dirigé successivement par Jean-Luc Monterosso (1996-2018), Simon Baker (2018-2025), et Julie Jones depuis décembre 2025. Ses expositions mettent en avant des artistes internationaux de la seconde moitié du XXe siècle et du XXIe siècle, avec des rétrospectives marquantes comme celles de Robert Frank, Helmut Newton, David Hockney, ou encore Henri Cartier-Bresson. La MEP s’inscrit dans une mission de diffusion culturelle accessible, combinant tirages d’exposition, publications et projections.
L’hôtel Hénault, propriété de la Ville de Paris depuis 1914, a été transformé pour accueillir ce projet culturel. Malgré les polémiques autour des rénovations, il reste un exemple d’adaptation d’un patrimoine historique à un usage contemporain. La MEP est soutenue financièrement par la mairie de Paris, qui met à disposition le bâtiment et participe à son fonctionnement via l’association « Paris Audiovisuel – Maison Européenne de la Photographie ».
La programmation de la MEP inclut des expositions thématiques, des hommages à des photographes disparus (comme l’auditorium Bernard Pierre Wolff), et des dons majeurs, comme celui de la Dai Nippon Printing en 2017, enrichissant sa collection de photographies japonaises. Le lieu se veut une « maison du regard », offrant un accès convivial à la photographie sous toutes ses formes.