Frise chronologique
Début XVIIe siècle (vers 1630–1640)
Construction de la maison
Construction de la maison
Début XVIIe siècle (vers 1630–1640) (≈ 1632)
Probablement bâtie pour un négociant local.
1640
Devenue maison de la ville
Devenue maison de la ville
1640 (≈ 1640)
Acquise par la municipalité pour un usage administratif.
5 novembre 1997
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
5 novembre 1997 (≈ 1997)
Inscription pour sa façade et sa cheminée peinte.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Maison, avec le colombier, les communs, les murs d'enceinte et les jardins (cad. AM 139, 140) : inscription par arrêté du 26 mai 1997
Personnages clés
| Information non disponible - Propriétaire initial (négociant anonyme) |
Commanditaire présumé, non identifié dans les sources. |
Origine et histoire
Cette maison, située à Saint-Pol-de-Léon dans le Finistère, date de la première moitié du XVIIe siècle. Probablement construite comme résidence d’un négociant, elle devient la maison de la ville en 1640. Son architecture se distingue par une façade en pierre de taille de granit, ornée de deux lucarnes à bas-reliefs représentant des têtes de personnages, comparables à celles de la maison du 5 rue Saint-Yves. La porte en arc plein-cintre, encadrée de pilastres et surmontée d’une clé pendante décorée, témoigne d’un soin artistique rare pour l’époque. À l’arrière, une tour d’escalier hors-œuvre suggère une utilisation commerciale du rez-de-chaussée, typique des demeures marchandes.
L’intérieur conserve une cheminée remarquable au rez-de-chaussée, dont le linteau peint représente un buste d’homme et un buste de femme encadrant un paysage (chapelle, maison, arbres et personnages). Ce décor, rare en Bretagne, évoque une influence artistique extérieure ou une commande aisée. Les fenêtres d’angle, uniques à Saint-Pol-de-Léon, et les anciens passages vers la cour (aujourd’hui modifiés) renforcent son caractère exceptionnel. Classée Monument Historique en 1997, cette maison illustre l’essor urbain et commercial de la ville au XVIIe siècle, entre héritage médiéval et modernité architecturale.
Saint-Pol-de-Léon, ville portuaire et religieuse du Léon, connaît à cette époque un dynamisme lié au commerce maritime et à l’agriculture. Les négociants, souvent liés à l’exportation de toiles ou de produits agricoles, construisent des demeures reflétant leur prospérité. Cette maison, par son mélange de fonctions (habitation, commerce, représentation), incarne cette transition entre la maison médiévale à usage mixte et la résidence bourgeoise spécialisée des siècles suivants. Son état de conservation en fait un témoignage précieux de l’habitat urbain breton avant la standardisation des XVIIIe et XIXe siècles.
L’édifice s’inscrit dans un contexte régional marqué par la pierre de granit, matériau dominant dans l’architecture locale. Les lucarnes sculptées et la cheminée peinte suggèrent des échanges avec d’autres régions (comme la Normandie ou l’Anjou), où ces motifs étaient plus courants. La tour d’escalier extérieure, pratique pour libérer de l’espace intérieur, rappelle les maisons à pan de bois des villes marchandes. Son classement tardif (1997) souligne sa rareté : peu de maisons de cette période ont survécu aux remaniements des XVIIIe–XIXe siècles à Saint-Pol-de-Léon.
Aujourd’hui, cette maison reste un symbole du patrimoine civil breton, souvent éclipsé par les édifices religieux (comme la cathédrale Saint-Paul-Aurélien). Son histoire reflète les mutations sociales de la ville : d’abord lieu de pouvoir économique (négociant), puis administratif (maison de ville), avant de devenir un monument protégé. Les détails architecturaux (fenêtres d’angle, décor peint) en font un objet d’étude pour l’histoire de l’habitat et des échanges culturels en Bretagne à l’aube de l’époque moderne.