Origine et histoire de la Maison Flachère de Roustan
La Maison Flachère de Roustan est un hôtel particulier construit au milieu du XVIIIe siècle à Grignan (Drôme) par M. Flachaire, membre d’une famille notable locale citée dans une lettre de Madame de Sévigné. Le bâtiment, typique de l’architecture civile classique, se compose d’un corps de logis sur rue avec une façade symétrique à cinq travées, ornée de chaînes d’angles en harpe et d’une corniche moulurée. La travée centrale, mise en valeur par des agrafes sculptées et un balcon en fer forgé portant les initiales FR (Flachaire de Roustan), concentre l’ornementation rocaille. À l’arrière, une terrasse relie le logis à une ancienne magnanerie, tandis qu’un jardin s’étend à l’ouest et au nord, partiellement réduit par la construction de cette dernière à la fin du XVIIIe ou au début du XIXe siècle.
L’intérieur, organisé autour d’un vestibule central doté d’un escalier d’honneur en pierre à rampe en fer forgé, conserve des décors d’origine : cheminées sculptées, plafonds à stucs, et toiles peintes dans les salons du rez-de-chaussée. Quatre chambres ornées de boiseries et de stucs occupent le premier étage, tandis qu’un escalier de service dessert un étage en surcroît. La magnanerie, transformée en école primaire de filles en 1902 par Régis Flachaire de Roustan, abrite toujours l’établissement scolaire Sainte-Thérèse au début des années 2000. Le portail monumental et l’arc daté de 1767, aujourd’hui muré, témoignent des aménagements successifs, comme la fermeture du passage latéral vers 1830–1840.
Classée Monument Historique en 1982, la maison protège ses façades, son escalier, ainsi que les décors intérieurs des salons et de six chambres. La famille Flachaire de Roustan, propriétaire depuis l’origine, a préservé l’édifice malgré des altérations mineures (perron partiellement détruit vers 1975, réparé en 1980). L’école, fondée par Régis Flachaire de Roustan, illustre l’adaptation du patrimoine à des usages modernes, tout en perpétuant le lien avec l’histoire locale : deux membres de la famille furent maires de Grignan au XIXe siècle.
Le jardin, initialement plus vaste, fut morcelé par des dépendances au XIXe siècle, comme le montre le plan cadastral de 1836. Seule la magnanerie subsiste aujourd’hui, intégrée à l’école. Les éléments protégés — balcons, rampe d’escalier, papiers peints — reflètent le faste d’une demeure bourgeoise provinciale, tandis que les initiales FR et la date 1767 ancrent le monument dans l’histoire de Grignan, entre héritage aristocratique et vie communautaire.