Origine et histoire de la Maison forte
La maison forte de Charolles, aussi appelée maison forte de Corcelles, est implantée sur l’ancienne commune de Saint-Symphorien-lès-Charolles, rattachée à Charolles en 1896. Elle se dresse sur une colline surplombant un vallon, dans le département de Saône-et-Loire. Le site est mentionné dès le Xe siècle avec Wibertus, un chevalier (« miles ») déclarant détenir un domaine (manse) à Corcelles. Une lignée locale, la famille de Corcelles, est attestée en 1119 dans une charte du prieuré de Paray.
En 1366, la maison forte passe aux mains des héritières de la famille de Corcelles, mariées à Jean Sachet, Étienne Saligny et Jean Bocquillon. Jusqu’à la fin du XVIe siècle, elle change fréquemment de propriétaires : Sachets, Bocqueillon, des Fossés, Saint-Anthot et de Sèves. Au début du XVIIe siècle, la famille Mottin en devient propriétaire et reconstruit l’édifice actuel. Guy Mottin, avocat au bailliage de Charolles, consolide sa possession en 1643 en rachetant les parts de sa sœur Jeanne et de son beau-frère Jean Beaudinot. Les armoiries de Guy Mottin et de son épouse, visibles sur le portail, datent de cette période.
L’architecture mêle des éléments défensifs médiévaux (canonnières, tours carrées) et des aménagements du XVIIe siècle, comme la chapelle installée dans une tour. La cour centrale, entourée de bâtiments rectangulaires et de communs, s’ouvre par un portail en plein cintre surmonté de mâchicoulis. En 1694, Claude Mottin est seigneur du lieu. Au XVIIIe siècle, Corcelles passe par alliance à Blaise Quarré, époux de Marthe Laison, avant d’être acquise en 1906 par la famille Meaudre des Gouttes, actuelle propriétaire.
Classée partiellement aux Monuments Historiques en 1976, la maison forte protège ses façades, toitures des deux tours carrées et son portail d’entrée. Son histoire reflète les mutations sociales et architecturales de la noblesse locale, entre Moyen Âge et époque moderne, tout en conservant des traces des familles qui l’ont façonnée.