Frise chronologique
1396
Première mention archivistique
Première mention archivistique
1396 (≈ 1396)
Raymond Gasc associé aux Farguettes.
XVe siècle
Siège de la seigneurie Gasc
Siège de la seigneurie Gasc
XVe siècle (≈ 1550)
Actes féodaux signés au *fort de Fargas*.
1557
Épisode carnavalesque blasphématoire
Épisode carnavalesque blasphématoire
1557 (≈ 1557)
Parodie religieuse dans la chapelle.
1610
Dénombrement d’Abel de Rotolp
Dénombrement d’Abel de Rotolp
1610 (≈ 1610)
Description détaillée du château.
1751
Achat par François Cammas
Achat par François Cammas
1751 (≈ 1751)
Restauration et ambitions seigneuriales.
19 juillet 2006
Classement monument historique
Classement monument historique
19 juillet 2006 (≈ 2006)
Inscription officielle par arrêté.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La maison forte en totalité (cad. AH 96 à 98) : inscription par arrêté du 19 juillet 2006
Personnages clés
| Raymond Gasc - Seigneur des Farguettes (XIVe siècle) |
Premier propriétaire mentionné en 1396. |
| Guilhem Gasc - Noble et vassal du roi |
Impliqué dans les conflits contre les Anglais. |
| Abel de Rotolp - Seigneur protestant (XVIIe siècle) |
Défenseur de la tolérance religieuse. |
| François Cammas - Vicaire et acquéreur (1751) |
Restaure le château en ruine. |
| Henri IV - Roi de France (règne 1589–1610) |
Aurait visité les Farguettes (tradition locale). |
| Abel IV de Rotolp - Pasteur protestant (fin XVIIe siècle) |
Fuit en Hollande après 1685. |
Origine et histoire
La maison forte des Farguettes, située à Crespinet dans le Tarn (Occitanie), est un édifice du XIVe siècle classé monument historique en 2006. Construite dans un méandre du Tarn, elle se distingue par son implantation atypique en contrebas d’une barre rocheuse, probablement en raison de galeries souterraines préexistantes servant de refuge. Ces galeries, aux fonctions encore énigmatiques, pourraient expliquer le nom Farguettes (petites forges), bien qu’aucune trace de minerai n’ait été confirmée sur place.
Le site est mentionné pour la première fois en 1396 sous le nom de Raymond Gasc, noble local. La famille Gasc, puissante dans la vallée du Tarn depuis au moins le XIIIe siècle, y établit une seigneurie associée à des droits féodaux étendus. Les archives révèlent leur implication dans les conflits régionaux, notamment contre les Anglais et dans les luttes pour l’évêché d’Albi. Le château, désigné comme fort de Fargas dans les textes médiévaux, abritait des actes seigneuriaux dès 1434–1436, attestant de son rôle administratif et militaire.
Au XVIe siècle, la maison forte passe aux mains des familles de Castelnau, de Valéry, puis de Rotolp, cette dernière embrassant le protestantisme. Abel de Rotolp, seigneur des Farguettes au début du XVIIe siècle, y réside après la destruction de son autre château par les catholiques. La tradition locale évoque une visite d’Henri IV aux Farguettes, où il aurait planté deux ormes de la tolérance en hommage à Abel, figure protestante modérée. Cependant, la famille Rotolp délaisse progressivement le site au profit de Castres, centre intellectuel protestant, réduisant la maison forte à un domaine agricole.
Au XVIIIe siècle, le vicaire François Cammas acquiert le château en 1751, alors en ruine, et entreprend des travaux coûteux pour le restaurer. Ambitionnant un titre seigneurial, il achète des droits féodaux dans la région, mais ses prétentions sont entravées par la Révolution. Le château, utilisé comme cachette pour un prêtre réfractaire en 1798, subit des dégradations (martèlement des armoiries). Après 1877, il passe à la famille de Lapanouse, puis décline en ferme avant d’être restauré au XXIe siècle, obtenant le label Fondation du Patrimoine.
Architecturalement, la maison forte conserve ses caractéristiques médiévales : trois tours rondes, un donjon carré arasé, des archères, et un portail Renaissance surmonté d’une bretèche. La cour centrale, entourée de galeries, donne accès à un escalier à vis et à des souterrains classés, dont la fonction (refuge, mines ?) reste débattue. Les travaux récents visent à retrouver son aspect originel, tout en préservant son environnement classé pour son authenticité.