Origine et histoire de la Maison forte du Grand Mercoras
La maison forte du Grand Mercoras, située à Ruffieux en Savoie, date du XIVe siècle et constituait le cœur de la seigneurie de Mécoras au Moyen Âge. Elle appartenait initialement à la famille de Montfalcon, établie en Chautagne depuis le XIe siècle. Le site, avec ses dépendances (Petit Mécoras et château de Lapeyrouse), dépendait du château de Chautagne. En 1370, Henry de Montfalcon, seigneur de Flaxieu par mariage, en est le premier propriétaire attesté. Ses descendants, dont Hugonin (écuyer de Yolande de France, mort en 1500) et Georges (époux d’Anne de Conzié), se succèdent jusqu’au XVIe siècle. À la mort de François de Montfalcon, le château passe à son neveu Louis, puis à Andréanne de Breuil, veuve de Jean de Montfalcon (gouverneur de Savoie, mort en 1591).
Confisquée à la Révolution, la maison forte est vendue comme bien national en 1795 à Claude Girod, dont la famille la conserve jusqu’au XXe siècle. En 1920, elle est acquise par ses fermiers, puis en 1964 par Paul Feuga, industriel lyonnais descendant des Girod-Montfalcon, qui la restaure. Le monument, partiellement inscrit aux Monuments Historiques en 1969, se compose d’une enceinte quadrangulaire, d’un corps de logis du XVe siècle agrandi au XVIe, et d’une tourelle polygonale abritant un escalier à vis. Des communs, construits en 1607, complètent l’ensemble, entouré autrefois de vergers, vignes et une chapelle.
Architecturalement, la maison forte allie défense et habitat : fenêtres à meneaux, ouvertures de tir en pierre de tuf, et toitures en tuiles plates régionales. La porte d’entrée, en arc brisé surbaissé, et la tourelle (remaniée en 1986) témoignent des adaptations successives. Le site illustre l’évolution des maisons fortes savoyardes, passant de lieu de pouvoir seigneurial à résidence rurale, tout en conservant des éléments militaires caractéristiques du Moyen Âge tardif.