Frise chronologique
1846
Installation de Johan-Peter Gréber
Installation de Johan-Peter Gréber
1846 (≈ 1846)
Sculpteur autrichien s'installe à Beauvais.
1866
Fondation de la fabrique
Fondation de la fabrique
1866 (≈ 1866)
Production de vases et terres cuites.
1911
Décoration de la façade
Décoration de la façade
1911 (≈ 1911)
Réalisée par Maurice Thorel en grès cérame.
28 juin 1979
Classement monument historique
Classement monument historique
28 juin 1979 (≈ 1979)
Protection de la façade et du bâtiment.
1997
Rachat par la ville
Rachat par la ville
1997 (≈ 1997)
Début des travaux de restauration.
2001
Projet d'écomusée
Projet d'écomusée
2001 (≈ 2001)
Future vocation culturelle prévue.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Maison Gréber (cad. BJ 70) : classement par décret du 28 juin 1979
Personnages clés
| Johan-Peter Gréber - Fondateur et sculpteur |
Installa l'atelier en 1846 à Beauvais. |
| Charles Gréber - Céramiste et directeur |
Dirigea la manufacture jusqu'en 1933. |
| Henri Gréber - Sculpteur |
Auteur du bas-relief de la façade. |
| Maurice Thorel - Architecte |
Conçut la façade en grès cérame. |
Origine et histoire
La Maison Gréber, située 63 rue de Calais à Beauvais, est un ancien atelier de fabrication céramique du début du XXe siècle. Sa façade, entièrement revêtue de carreaux et de bas-reliefs en grès cérame, fut conçue en 1911 par l'architecte Maurice Thorel. Elle masque une structure plus ancienne en pans de bois et torchis, typique du Beauvaisis. Cette façade servait de vitrine aux productions de Charles Gréber, héritier d'une manufacture fondée vers 1850 par son père, Johan-Peter Gréber, un sculpteur d'origine autrichienne.
La manufacture, initialement spécialisée dans les vases décoratifs et les terres cuites architecturales, connut son apogée sous la direction de Charles Gréber à partir de 1900. En 1911, il fit décorer la façade par Thorel, tandis que son frère Henri réalisa le bas-relief central représentant un potier au travail. L'entreprise, récompensée dans plusieurs expositions universelles entre 1878 et 1925, employait 28 ouvriers en 1883, mais n'en comptait plus que 3 en 1940. Après la Seconde Guerre mondiale, la production déclina, et la manufacture fut vendue en 1962 à un concessionnaire Citroën.
Classée monument historique en 1979 pour sa façade, la Maison Gréber fut rachetée par la ville de Beauvais en 1997. En cours de restauration, elle devait devenir en 2001 le siège de l'Écomusée des Pays de l'Oise. Aujourd'hui, il ne subsiste ni les ateliers ni les fours d'origine, mais la façade témoigne encore de l'âge d'or de la céramique beauvaisienne. Les enseignes d'origine, comme Manufacture de grès artistiques ou Décoration architecturale, rappellent son passé industriel.
La maison elle-même, antérieure à la manufacture, pourrait dater du XVIIIe siècle. Johan-Peter Gréber y installa son atelier de sculpteur en 1846, avant d'y développer une production céramique à partir de 1866. Deux fours, construits en 1868 et 1870, furent détruits, mais la raison sociale Manufacture Céramique de Beauvais, adoptée en 1880, perdura jusqu'en 1962. L'histoire de ce lieu reflète ainsi l'évolution des techniques et des arts du feu dans la région.
Le bas-relief en grès cérame, œuvre d'Henri Gréber, représente un ouvrier tourneur entouré de motifs décoratifs inspirés de sauriens. Ce détail artistique, combiné à l'usage innovant de carreaux de grès pour habiller une façade, illustre le savoir-faire local. La toiture, en tuiles plates plombifères à la bourguignonne, ajoute une touche régionale à cet édifice hybride, à la fois maison traditionnelle et vitrine commerciale.
Après 1962, le bâtiment servit de bureau commercial pour un garage automobile, avant d'être préservé pour son intérêt patrimonial. La restauration entreprise à la fin des années 1990 visait à redonner à ce lieu une vocation culturelle, en lien avec l'histoire industrielle de l'Oise. Son classement en 1979 souligna son importance comme témoignage de l'architecture publicitaire et des arts appliqués au début du XXe siècle.