Origine et histoire
La maison située au 21 rue Klobb à Ribeauvillé est un édifice emblématique de l’architecture civile Renaissance en Alsace. Construite au 2e quart du XVIe siècle, elle se distingue par son logis en retrait de la rue, accessible via une cour intérieure. La façade combine maçonnerie au rez-de-chaussée et pan de bois à l’étage, typique des constructions alsaciennes de l’époque. Une tourelle d’escalier circulaire, demi-hors-œuvre, ornée de médaillons sculptés et d’un écu armorié tenu par deux lions, marque l’entrée. L’escalier en vis, à limon hélicoïdal, mène aux étages où des fenêtres à meneaux et des lucarnes rampantes animent la toiture à croupes.
La porte d’entrée, datée de 1539, est un chef-d’œuvre de la Renaissance : son chambranle arrondi présente des profils humains en médaillons, tandis que l’écu armorié porte deux bâtons écotés flanqués d’étoiles, un compas et un maillet, évoquant peut-être le métier de tonnelier. À l’intérieur, une porte de cave en plein cintre moulurée et une poutre centrale soutenue par des poteaux octogonaux témoignent du soin apporté aux détails structurels. Une date gravée (1525) sur une porte intérieure de la tourelle, ainsi que des initiales H. D. W. sur la porte de cave (datée partiellement de 162-), suggèrent des modifications ou ajouts postérieurs. Les dépendances, partiellement détruites, incluaient autrefois une forge.
Classée monument historique depuis 1932 pour sa porte de 1539, cette maison illustre le mélange des influences gothiques tardives et Renaissance dans l’habitat bourgeois alsacien. Son garde-corps ajouré, déposé à la fin du XXe siècle, attend une restauration pour retrouver sa place d’origine. L’aile nord, remaniée au XVIIIe siècle, et les ouvertures postérieures sur le fossé arrière révèlent une évolution architecturale adaptée aux besoins des occupants à travers les siècles. La maison s’appuie sur l’enceinte ouest de la vieille ville, soulignant son intégration dans le tissu urbain médiéval de Ribeauvillé.
Les éléments décoratifs, comme les coussinets moulurés, les trilobes et les croix de Saint-André dans les pans de bois, reflètent un artisanat d’exception. La tourelle d’escalier, couverte de dalles de grès portées par une colonne galbée, et la gargouille représentant un homme agenouillé ajoutent une dimension artistique et symbolique. Ces détails, combinés à la porte cochère en grès à refends, font de cette maison un témoignage précieux de la vie bourgeoise et des savoir-faire locaux au XVIe siècle.