Frise chronologique
1602
Marque de marchand
Marque de marchand
1602 (≈ 1602)
Date gravée attestant d’un marchand de toiles.
Première moitié du XVIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
Première moitié du XVIe siècle (≈ 1625)
Maison édifiée avec escalier en vis et charpente caractéristique.
Vers 1850
Transformation du rez-de-chaussée
Transformation du rez-de-chaussée
Vers 1850 (≈ 1850)
Remplacement par une devanture en applique (mercerie).
1966
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1966 (≈ 1966)
Protection de la façade et de la toiture.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façade sur rue et toiture correspondante (cad. K1 145) : inscription par arrêté du 31 janvier 1966
Personnages clés
| Eugène Isabey - Peintre (1804–1886) |
A représenté la maison avant 1850. |
| Marchand anonyme (1602) - Propriétaire marchand de toiles |
Identifié par sa marque gravée. |
Origine et histoire
Cette maison, située 19 rue de Paris à Vitré, a été construite au cours de la première moitié du XVIe siècle, comme en attestent ses encadrements en anse de panier, ses moulures de baies, et la charpente aux fermes rapprochées avec échantignoles taillées dans les arbalétriers. À l’origine, elle abritait deux pièces à feu en enfilade par niveau, desservies par une tour d’escalier circulaire en demi-hors-œuvre, toujours visible aujourd’hui. La présence d’une poulie dans les combles et d’une lucarne maçonnée sur la façade est suggère un usage de stockage pour des marchandises, probablement liées au commerce de toiles de chanvre.
La marque de marchand gravée sur le portail d’entrée, datée de 1602, confirme l’appartenance de la maison à un marchand de toiles. Ces marques servaient d’identifiant professionnel et social dans la région, où le commerce du chanvre était florissant. Les combles, accessibles depuis l’extérieur via la poulie, indiquent une adaptation architecturale aux contraintes du négoce : les escaliers en vis, trop étroits, ne permettaient pas le transport aisé des balles de tissu.
Plusieurs transformations majeures ont marqué son histoire. Au XIXe siècle, le rez-de-chaussée en pierre, visible sur un tableau d’Eugène Isabey (vers 1804–1886), a été remplacé par une devanture en applique, d’abord pour une mercerie (Mercerie Lafages en 1850), puis pour une boucherie (Boucherie Bigot). Au XXe siècle, des réaménagements intérieurs ont supprimé la cheminée du rez-de-chaussée et coffré les plafonds du premier étage, tandis que les cheminées existantes, comme celle en marbre gris, datent probablement de la fin du XIXe ou du début du XXe siècle.
Classée Monument Historique en 1966 pour sa façade sur rue et sa toiture, cette maison illustre l’évolution des usages urbains à Vitré, passant du logement marchand à des activités commerciales variées. Son architecture mêle moellons de schiste, pans de bois apparents, et essentage d’ardoise, typiques des constructions bretonnes de la Renaissance, tout en portant les traces des adaptations liées à la modernisation des rues au XIXe siècle.