Crédit photo : Daniel Villafruela - Sous licence Creative Commons
Frise chronologique
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1542
Premier moulin à huile
Premier moulin à huile 1542 (≈ 1542)
Moulin attesté comme propriété communautaire.
1664
Reconstruction post-guerres de religion
Reconstruction post-guerres de religion 1664 (≈ 1664)
Moulin partagé entre douze copropriétaires.
1766
Rachat par Claude-Vincent Granier
Rachat par Claude-Vincent Granier 1766 (≈ 1766)
Fabricant d’eau-de-vie unifie la propriété.
1776
Construction de la maison actuelle
Construction de la maison actuelle 1776 (≈ 1776)
Début des travaux après élargissement du pont.
1845-1850
Aménagement du jardin
Aménagement du jardin 1845-1850 (≈ 1848)
Réalisé par Auguste Maroger, maire de Calvisson.
2011
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques 2011 (≈ 2011)
Protection des façades et éléments intérieurs.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et toitures avec la cage d'escalier en totalité, ainsi que le sol de la cour jardin avec la clôture du XIXe siècle (cad. AC 126, 127) : inscription par arrêté du 19 septembre 2011
Personnages clés
Claude-Vincent Granier - Fabricant d’eau-de-vie
Rachète le moulin en 1766.
Auguste Maroger - Maire de Calvisson (milieu XIXe)
Aménage le jardin vers 1845-1850.
Origine et histoire
La maison Margarot, située à Calvisson, est un hôtel particulier construit à la fin du XVIIIe siècle sur l’emplacement d’un moulin à huile attesté dès 1542. Ce moulin, initialement propriété de la Communauté et de l’Hôpital des Pauvres, est décrit dans les archives comme bordé par la rivière à l’est et des carrières à l’ouest. Il fut détruit pendant les guerres de religion, puis reconstruit et partagé entre douze copropriétaires en 1664.
En 1766, Claude-Vincent Granier, un riche fabricant d’eau-de-vie, rachète l’intégralité des parts du moulin. Entre 1770 et 1776, des travaux publics incluent l’élargissement du pont adjacent, mentionnant les « gorgues » conduisant l’eau vers le moulin. La maison actuelle, de style Louis XV, est édifiée après 1776 en pierre de taille, avec une aile centrale et des avant-corps sur trois niveaux. Son jardin, aménagé entre 1845 et 1850 par Auguste Maroger (alors maire), borde un ruisseau couvert.
L’édifice se distingue par ses ferronneries ouvragées, ses menuiseries riches et ses caves remarquables, bien que sa modénature en façade soit aujourd’hui dégradée. Classé monument historique en 2011 pour préserver ses éléments d’origine (escalier, clôture du XIXe siècle), il souffre d’un dépouillement partiel de ses décors intérieurs (boiseries, cheminées). Sa structure en U, ses balcons arrondis et ses baies cintrées reflètent l’influence des hôtels particuliers urbains de l’époque.
Les archives notarielles et les compoix (registres fiscaux) des XVIe et XVIIe siècles documentent son évolution, depuis un moulin communal jusqu’à une résidence bourgeoise. Malgré son inscription, la maison reste en vente depuis plusieurs années, en raison des coûts élevés de rénovation. Les caves, les grilles en fer forgé et la cage d’escalier comptent parmi les éléments protégés.
La distribution intérieure, modifiée au XIXe siècle, conserve quelques menuiseries d’origine, comme la porte arrière ou l’alcôve d’une chambre. Le bâtiment illustre l’architecture civile de la Vaunage, région marquée par l’exploitation de la pierre locale (carrières de Mus ou Aigues-Vives), bien que ce matériau se soit révélé fragile avec le temps.