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Maison Matis

Maison Matis

    169 Cale Bossant
    97100 Basse-Terre
Maison Matis
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Maison Matis
Maison Matis
Maison Matis
Maison Matis
Maison Matis
Maison Matis
Maison Matis
Maison Matis
Maison Matis
Crédit photo : Aristoi - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
vers 1750
Construction initiale
1768-1769
Canalisation de la ravine
1795
Transmission à Jean-Baptiste de Lagarde
1825 et 1865
Dégâts par cyclones
13 juillet 1871
Acquisition par Hyacinthe Matis
13 octobre 2008
Classement monument historique
2011-2012
Restauration des façades
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

La maison en totalité (cad. AI 326) : inscription par arrêté du 13 octobre 2008

Personnages clés

Joseph Dujarric de Lagarde - Médecin du roi et propriétaire Possédait aussi des fours à chaux
Jean-Baptiste de Lagarde - Fils héritier de Joseph Dujarric Père de Marie Joseph Joséphine
Hyacinthe Matis - Propriétaire éponyme en 1871 Transmet la maison à son fils Léon
Noël Corbet - Compagnon d’armes de Delgrès Beau-frère d’Élisabeth Corbet, épouse de Jean-Baptiste

Origine et histoire

La maison Matis, située au 52 (ou 256) rue Amédée-Fengarol à Basse-Terre, est l’un des plus anciens bâtiments de Guadeloupe, construit vers 1750 sur les fondations d’une habitation antérieure à 1688. Son emplacement stratégique, près de la cale de fer et de la place d’Armes, reflète son rôle dans le commerce et la vie militaire coloniale. Les plans de Payen et Plumier (1686-1688) suggèrent une occupation précoce du site, lié à la proximité d’une ravine canalisée entre 1768 et 1769, facilitant l’accès à l’eau.

À l’origine, le bâtiment, deux fois plus long qu’aujourd’hui, abritait probablement quatre maisons mitoyennes destinées à la location pour militaires ou fonctionnaires. Sa façade sud, percée de douze travées en arc segmentaire typiques du XVIIIe siècle, donnait sur la cale de fer (actuelle rue Bossant), tandis qu’une galerie en bois protégeait la façade nord des intempéries. La toiture, initialement couverte d’essentes (planchettes de bois), fut remplacée par des tôles après 1830.

La maison changea plusieurs fois de propriétaires : acquise par Joseph Dujarric de Lagarde, médecin du roi et propriétaire de fours à chaux, elle passa à son fils Jean-Baptiste, puis à sa petite-fille Marie Joseph Joséphine en 1822. Endommagée par les cyclones de 1825 et 1865, elle perdit partiellement son étage. En 1871, Hyacinthe Matis en devint propriétaire, donnant son nom au bâtiment. Servant de refuge lors du cyclone de 1928, elle fut restaurée en 2011-2012 pour retrouver ses façades d’origine.

Classée monument historique en 2008, la maison Matis illustre l’évolution architecturale et sociale de Basse-Terre. Ses baies moulurées, ses lucarnes en essentes, et sa cave voûtée (peut-être un ancien égout) témoignent des techniques constructives coloniales. Aujourd’hui divisée en deux parties, elle conserve une façade en moellons au sud et une structure en bois au nord, reflétant les adaptations successives aux aléas climatiques et aux usages urbains.

Les plans historiques (1769, 1784, 1818) confirment son importance dans le paysage urbain, à proximité des Magasins du Roi. La maison, partagée en 1826 après un cyclone, vit son étage ouest supprimé, tandis que la partie est, actuelle maison Matis, fut préservée. Les restaurations récentes ont mis en valeur son caractère unique parmi les rares maisons bourgeoises du XVIIIe siècle encore debout en Guadeloupe.

Liens externes