Frise chronologique
1423
Première mention épiscopale
Première mention épiscopale
1423 (≈ 1423)
Résidence de l’évêque Imbert d’Agen
fin XIIIe - début XIVe siècle
Construction initiale
Construction initiale
fin XIIIe - début XIVe siècle (≈ 1425)
Demeure patricienne en deux campagnes distinctes
vers 1560
Destruction de Saint-Barthélemy
Destruction de Saint-Barthélemy
vers 1560 (≈ 1560)
Transformation en église après les guerres
1601
Restoration du culte catholique
Restoration du culte catholique
1601 (≈ 1601)
Par l’évêque Nicolas de Villars
1712
Bénédiction d’une cloche
Bénédiction d’une cloche
1712 (≈ 1712)
Pour le nouveau clocher-tour
1819-1821
Restauration post-révolutionnaire
Restauration post-révolutionnaire
1819-1821 (≈ 1820)
Reconstruction du clocher par Salvan et Juilhac
1886
Désaffectation cultuelle
Désaffectation cultuelle
1886 (≈ 1886)
Après construction de la nouvelle église
1912
Classement de la façade
Classement de la façade
1912 (≈ 1912)
Arrêté du 3 septembre
2014
Inscription de l’ensemble
Inscription de l’ensemble
2014 (≈ 2014)
Maison, cour et androne protégés
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La façade de la maison du XIIIe siècle : classement par arrêté du 3 septembre 1912 - La maison médiévale, en totalité avec sa cour et l'androne situé à l'arrière de la maison (cad. AB 178 : maison, 355 : cour, non cadastré : androne) : inscription par arrêté du 4 juillet 2014
Personnages clés
| Imbert (évêque d'Agen) - Résident supposé au XVe siècle |
Mentionné en 1423 dans la maison |
| Nicolas de Villars - Évêque d’Agen |
Restaure le culte en 1601 |
| Jean Salvan - Maître-maçon |
Reconstruit le clocher (1819-1821) |
| Jean-Pierre Juilhac - Maître-charpentier |
Collabore à la restauration post-révolutionnaire |
| Pierre Simon - Historien local |
Cite le document de 1423 |
Origine et histoire
La maison médiévale de Tournon-d'Agenais, datée entre la fin du XIIIe et le début du XIVe siècle, est un rare vestige de l’architecture civile médiévale dans la région. Sa façade en pierre de taille, ornée de baies géminées et de chapiteaux sculptés (dont un décoré d’oiseaux datant peut-être de la fin du XIIe siècle), témoigne d’une construction en deux campagnes distinctes. L’édifice, traditionnellement associé à une résidence épiscopale, aurait abrité l’évêque Imbert d’Agen au XVe siècle selon un document de 1423, bien que cette occupation ne soit pas attestée avant cette date.
Transformée en église après la destruction de Saint-Barthélemy par les protestants vers 1560, la maison est dotée d’un clocher-tour au XVIIe ou XVIIIe siècle (une cloche y est bénie en 1712). Désaffectée après 1886, elle sert brièvement d’atelier de salpêtre pendant la Révolution, puis est restaurée entre 1819 et 1821 avec reconstruction du clocher. Seule la façade, classée en 1912 pour son état de conservation exceptionnel, subsiste de l’édifice originel, tandis que l’intérieur, réaménagé en salle de spectacle, conserve des traces de son usage religieux (autel, tribune).
Les chapiteaux des baies géminées, stylistiquement datés de la fin du XIIIe ou du début du XIVe siècle, contrastent avec celui de la baie isolée, plus ancien et peut-être réemployé. La reprise en coup de sabre à l’étage suggère deux phases de construction distinctes. Après sa désacralisation en 1886, l’ensemble (façade, cour et androne) est protégé en 2014, soulignant son importance patrimoniale comme exemple d’architecture civile médiévale et de réutilisation cultuelle.
La maison illustre aussi l’histoire religieuse tourmentée de la région : détruite partiellement lors des guerres de Religion, elle incarne la reconquête catholique sous l’évêque Nicolas de Villars (restoration du culte en 1601). Son clocher, aligné sur la rue, date probablement de la seconde moitié du XVIIe siècle, période de reconstruction post-conflits. Les matériaux (pierre de taille, tuiles creuses, moellons calcaires) et les techniques (arcs brisés, colonnettes à chapiteaux) reflètent les savoir-faire locaux et les influences régionales.
Aujourd’hui propriété communale, la maison médiévale de Tournon-d’Agenais allie valeur historique et architecturale. Son décor soigné et son usage successif (demeure patricienne, église, salle publique) en font un monument emblématique du Lot-et-Garonne, témoignant des mutations sociales et religieuses de la Nouvelle-Aquitaine du Moyen Âge à l’époque moderne.