Frise chronologique
1929
Achat du terrain
Achat du terrain
1929 (≈ 1929)
Raymond Isidore achète une parcelle rue des Rouliers.
1930
Construction de la maison
Construction de la maison
1930 (≈ 1930)
Maisonnette construite sans étage ni commodités.
1938
Début des mosaïques
Début des mosaïques
1938 (≈ 1938)
Premières décorations intérieures en débris de vaisselle.
14 novembre 1983
Classement monument historique
Classement monument historique
14 novembre 1983 (≈ 1983)
La maison et son jardin sont protégés.
27 février 2017
Acte de vandalisme
Acte de vandalisme
27 février 2017 (≈ 2017)
Dégâts sur la maquette de la cathédrale.
2025
Publications et film
Publications et film
2025 (≈ 2025)
Sortie d’une BD et d’un documentaire.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Maison avec son jardin (cad. BS 11) : classement par arrêté du 14 novembre 1983
Personnages clés
| Raymond Isidore (1900–1964) - Créateur de la maison Picassiette |
Autodidacte, surnommé « Picassiette » pour ses mosaïques. |
| Adrienne Dousset - Épouse de Raymond Isidore |
Témoin de son travail et de ses rêves inspirants. |
| Maarten Kloos - Architecte et biographe |
A étudié son œuvre et son impact local. |
| Patrick Macquaire - Ethnologue et auteur |
A analysé son héritage social à Chartres. |
Origine et histoire
La maison Picassiette est une création architecturale naïve située à Chartres, réalisée par Raymond Isidore (1900-1964), surnommé « Picassiette ». Employé municipal comme cantonnier puis balayeur de cimetière, il construit sa maison dans les années 1930 avant de la décorer entièrement de mosaïques à partir de 1938. Les matériaux, récupérés dans les décharges, sont des débris de vaisselle, porcelaine et verre, assemblés avec du ciment. Son surnom, moqueur ou admiratif, évoque à la fois son habitude de « piquer les assiettes » et une comparaison avec Picasso.
L’intérieur de la maison est orné de fresques représentant des paysages locaux comme le mont Saint-Michel ou la cathédrale de Chartres, agrémentées de motifs floraux en céramique brisée. Les murs, plafonds et même le mobilier sont recouverts de mosaïques, tandis que le sol intègre des fragments de marbrerie. À court d’espace intérieur, Isidore étend son travail à l’extérieur : façade, allées du jardin, murs d’enceinte et une chapelle construite entre 1953 et 1956. Parmi les motifs extérieurs figurent la porte Guillaume (détruite en 1944), des figures féminines symbolisant la Palestinienne et la Française, et des représentations de la cathédrale.
Les rêves d’Isidore ont inspiré son œuvre, comme en témoignent sa veuve et ses proches. Ses propos révèlent une quête de rédemption sociale : « On m’a mis balayeur dans un cimetière comme quelqu’un qu’on rejette parmi les morts ». Son travail, initialement perçu comme marginal, devient un symbole de résistance et de création collective. Après sa mort en 1964, la maison est acquise par la ville de Chartres en 1981 et classée monument historique en 1983. Elle est aujourd’hui gérée par le musée des Beaux-Arts de la ville et labellisée « Patrimoine du XXe siècle ».
L’héritage de Picassiette dépasse sa maison. Dans les années 1980, son quartier, les Hauts-de-Chartres, s’inspire de sa philosophie pour créer des ateliers de mosaïque et une régie de quartier favorisant l’insertion sociale. Le « prix Picassiette », décerné lors des Rencontres Internationales de Mosaïque, perpétue son influence. En 2017, un acte de vandalisme endommage une maquette de la cathédrale dans le jardin, rapidement restaurée par la mairie. Des hommages contemporains, comme une bande-dessinée prévue pour 2025 ou un film documentaire, soulignent son impact culturel durable.
La maison Picassiette incarne une architecture spontanée, née de la misère et de l’imaginaire. Isidore y voit une métaphore de la reconstruction sociale, affirmant : « Beaucoup pourraient en faire autant, mais ils n’osent pas ». Son œuvre, à la fois intime et monumentale, mêle art naïf, revendication sociale et spiritualité, comme en témoignent ses statues phalliques ou son « tombeau de l’Esprit ». Classée et protégée, elle reste un lieu de mémoire et d’inspiration pour les artistes et les habitants de Chartres.
Conditions de visite
Conditions de visite : Ouvert toute l'année
Ouverture annuelle : Du lundi au samedi de 10h à 18h. Fermé le Mardi
Tarif individuel : Plein tarif : 5.60 euros Tarif réduit : 2.80 euros