Origine et histoire de la Maison, Rue des Orfèvres
La maison de la rue des Orfèvres à Moulins, édifiée entre les XVe et XVIIe siècles, fut acquise en 1461 par Guillaume Moreau, secrétaire de la duchesse du Bourbonnais. Ce bâtiment à pignons et coursives en pans de bois, doté d’un escalier à vis en grès restauré, changea plusieurs fois de propriétaires avant d’être racheté en 1937 par la Société d’émulation du Bourbonnais. Celle-ci y installa en 1939 un musée d’ethnographie, transformé en 2004 en musée de la Visitation, dédié à l’ordre religieux et à son patrimoine artistique.
En 1990, face à la disparition menaçante du monastère de la Visitation de Moulins, Gérard Picaud proposa d’y conserver une trace de cet ordre. Avec l’aide de monastères partenaires, il rassembla 602 objets (œuvres d’art, reliques, objets de dévotion) pour créer en 1992 l’exposition permanente Regard sur la Visitation, intégrée au musée Bourbonnais. Les collections, enrichies jusqu’à dépasser 19 000 œuvres en 2005, conduisirent à la création autonome du Musée européen de la Visitation, reconnu par le Saint-Siège.
Le bâtiment, classé Monument Historique en 1947 pour son escalier en bois et sa structure médiévale, illustre l’architecture civile bourbonnaise. Ses galeries à balustrades en bois, reliées à une tourelle d’escalier, témoignent des techniques constructives des XVe et XVIIe siècles. Depuis 2007, le musée organise des expositions temporaires à l’hôtel Demoret, attirant plus de 100 000 visiteurs.
L’édifice fut initialement lié à la vente des vins du duc de Bourbon, comme en attestent ses espaces de stockage. Son acquisition par la Société d’émulation du Bourbonnais marqua un tournant patrimonial, permettant la préservation d’un rare exemple d’escalier en bois à balustres moulurés, disposé autour d’un noyau creux. La charpente, soutenue par des poteaux d’ossature, et la cage rectangulaire ouverte sur l’extérieur en font un modèle architectural remarquable.
Les expositions du musée mettent en valeur des trésors monastiques, dont des broderies, des soieries et des objets liturgiques, issus de dépôts de monastères européens. Les catalogues publiés annuellement (depuis 2007) et les collaborations avec des institutions comme le Conseil pontifical pour les biens culturels de l’Église soulignent son rayonnement international. Le site, géré par une association laïque, perpétue ainsi la mémoire de quatre siècles de présence visitandine à Moulins.