Frise chronologique
1567
Incendie de l'abbaye d'Avenay
Incendie de l'abbaye d'Avenay
1567 (≈ 1567)
Détruit l’abbaye, poussant les religieuses à Châlons.
1614
Fondation du prieuré Saint-Joseph
Fondation du prieuré Saint-Joseph
1614 (≈ 1614)
Installation des bénédictines par le conseil de ville.
1669
Construction de l'escalier en bois
Construction de l'escalier en bois
1669 (≈ 1669)
Réalisé par Pierre Collart, maître charpentier.
1682
Réédification du cloître
Réédification du cloître
1682 (≈ 1682)
Reconstruction complète en pierre.
1706
Construction de la chapelle
Construction de la chapelle
1706 (≈ 1706)
Remplace un édifice antérieur sur le site.
1769
Incendie partiel du couvent
Incendie partiel du couvent
1769 (≈ 1769)
Reconstruction en pans de bois.
1788
Suppression du couvent
Suppression du couvent
1788 (≈ 1788)
Décidée par le Conseil d’État.
1897
Remplacement de la statue
Remplacement de la statue
1897 (≈ 1897)
Vierge à l’Enfant remplacée par saint Joseph.
1995
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
1995 (≈ 1995)
Protection des façades, toitures et cloître.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle ; façades et toiture de l'ancien choeur des religieuses ; les deux ailes de cloître du XVIIe siècle : façades et toiture, galeries voûtées d'ogives, escalier de bois à l'angle sud-ouest ; aile nord-est du cloître en pans de bois : façades et toiture (cad. BC 622) : inscription par arrêté du 28 juin 1995
Personnages clés
| Françoise de Beauvilliers de Saint-Aignan - Abbesse d'Avenay-Val-d'Or |
Dirige les bénédictines installées à Châlons en 1614. |
| Pierre Collart - Maître charpentier |
A construit l’escalier en bois en 1669. |
| Jean de Werth - Général espagnol |
Menace Châlons en 1636 pendant la Guerre de Trente Ans. |
| Abbé Loisson de Guinaumont - Acquéreur du couvent en 1846 |
Fonde un orphelinat et une maison de retraite. |
Origine et histoire
La maison Saint-Joseph est un ancien couvent bénédictin fondé en 1614 à Châlons-en-Champagne par le conseil de ville pour accueillir les religieuses de l’abbaye d’Avenay, détruite par un incendie en 1567. Ces dames, dirigées par l’abbesse Françoise de Beauvilliers de Saint-Aignan, s’y réfugient définitivement. Pendant la Guerre de Trente Ans (1636), elles se retirent dans leur prieuré Saint-Joseph pour échapper aux troupes espagnoles de Jean de Werth. Les bâtiments, initialement construits au début du XVIIe siècle, sont progressivement reconstruits à partir du 3e quart de ce siècle.
Le cloître est entièrement réédifié en 1682, tandis que l’escalier en bois, réalisé en 1669 par le charpentier Pierre Collart, témoigne de l’artisanat local. La chapelle, construite en 1706, remplace un édifice antérieur. Un incendie ravage une partie du couvent en 1769, entraînant une reconstruction partielle en pans de bois. En 1788, le couvent est supprimé par le Conseil d’État : les statues de la façade sont retirées, dont une Vierge à l’Enfant remplacée en 1897 par une statue de saint Joseph, offerte par l’atelier C. Brebon.
De 1788 à 1846, les lieux abritent l’hospice Saint-Maur, avant d’être rachetés par l’abbé Loisson de Guinaumont et sa sœur, qui y fondent un orphelinat et une maison de retraite. Entre 1827 et 1829, des travaux agrandissent le cloître et surélèvent des ailes. Au XXe siècle, le site accueille une école ménagère, puis professionnelle, ainsi qu’une maison de retraite pour religieuses âgées. Depuis 1995, la maison Saint-Joseph est inscrite aux monuments historiques. Aujourd’hui, une partie des bâtiments est en réhabilitation pour devenir la maison diocésaine de Châlons.
L’architecture du site allie pierre de Savonnières pour la chapelle, carreaux de craie pour les murs secondaires, et pans de bois crépis pour les façades sur rue. Le toit à longs pans brisés et les galeries voûtées d’ogives du cloître illustrent les styles des XVIIe et XVIIIe siècles. L’escalier en charpente, tournant à retours sans jour, reste un exemple remarquable de l’artisanat local de l’époque.
La chapelle, de plan allongé, se distingue par sa façade en calcaire et son pignon découvert. Les éléments protégés depuis 1995 incluent les façades, toitures, galeries voûtées et l’escalier en bois. Le site, propriété d’une association, conserve une vocation sociale et religieuse, entre mémoire historique et adaptation aux besoins contemporains.