Propriété d'une société privée ; propriété d'une association
62300 Lens, Rue Émile-Zola
Frise chronologique
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1852
Fondation de la Compagnie des mines de Lens
Fondation de la Compagnie des mines de Lens 1852 (≈ 1852)
Début de l'exploitation charbonnière intensive dans la région.
1914-1918
Destructions de la Première Guerre mondiale
Destructions de la Première Guerre mondiale 1914-1918 (≈ 1916)
Ravage des infrastructures minières et urbaines.
1926
Reconstruction et inauguration
Reconstruction et inauguration 1926 (≈ 1926)
La Maison syndicale est reconstruite et inaugurée.
1996
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques 1996 (≈ 1996)
Protection partielle des façades et toitures.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Concernant la maison syndicale : façades et toitures sur la rue Casimir-Beugnet ; façades et toitures sur la cour ; sol de la cour (cad. BI 1033). Concernant l'ancien cinéma Le Cantin faisant partie à l'origine de l'ensemble immobilier dénommé maison syndicale : façade et toitures 78, rue Emile-Zola (façade principale) ; façade et toiture sur la rue Duquesnoy (cad. BI 1031) : inscription par arrêté du 15 novembre 1996
Personnages clés
Jules Casteleyn - Industriel et fondateur
Cofondateur de la Compagnie des mines de Lens.
Ernest Cuvelette - Directeur général
Organisateur de la reconstruction post-1918.
Élie Reumaux - Ingénieur en chef
Figure technique majeure des mines de Lens.
Origine et histoire de la Maison syndicale
La Maison syndicale des mineurs de Lens, située dans la ville éponyme du département du Pas-de-Calais, est un monument historique emblématique de la première moitié du XXe siècle. Elle incarne la mémoire des luttes sociales et syndicales des mineurs du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, une région marquée par l’exploitation intensive du charbon depuis le milieu du XIXe siècle. Ce bâtiment, reconstruit et inauguré en 1926, symbolise la résilience des travailleurs après les destructions de la Première Guerre mondiale, qui avait ravagé la région et ses infrastructures minières.
L’ensemble architectural comprend une salle de spectacle, un jardin de style Art Déco, ainsi que des bureaux et des salles de réunion dédiés aux activités syndicales. La façade principale est surmontée d’un fronton sculpté représentant un mineur au travail, soulignant ainsi son rôle central dans la vie ouvrière locale. Ce monument est l’une des trois maisons syndicales de mineurs encore existantes en France, aux côtés de celles de Montceau-les-Mines et de Carmaux, ce qui en fait un lieu de mémoire majeur.
La Maison syndicale s’inscrit dans un contexte historique où la Compagnie des mines de Lens, fondée en 1852, jouait un rôle économique et social prépondérant dans la région. Dès ses origines, cette compagnie a façonné le paysage urbain et social de Lens et des communes environnantes, en construisant des logements pour les ouvriers, des écoles, des églises, et en organisant des œuvres sociales. La reconstruction de la Maison syndicale après 1918 reflète l’importance de la solidarité et de l’organisation collective des mineurs, dans une période marquée par des conditions de travail difficiles et des conflits sociaux récurrents.
Le bâtiment est partiellement protégé au titre des monuments historiques depuis 1996, avec une inscription couvrant ses façades, toitures, et le sol de la cour. Cette reconnaissance officielle souligne son importance patrimoniale et mémorielle. Aujourd’hui, la Maison syndicale reste un symbole des combats pour les droits des travailleurs, tout en témoignant de l’architecture et de l’urbanisme liés à l’industrie minière dans le Nord-Pas-de-Calais.
Son emplacement, au cœur de Lens, rappelle également le rôle clé de la ville dans l’histoire industrielle française. La région, marquée par des décennies d’exploitation charbonnière, a vu se développer une culture ouvrière forte, dont cette maison syndicale est l’un des derniers vestiges tangibles. Elle illustre ainsi à la fois l’héritage minier et les dynamiques sociales qui ont façonné l’identité des Hauts-de-France.