Frise chronologique
vers 1572
Construction initiale
Construction initiale
vers 1572 (≈ 1572)
Date gravée deux fois sur la façade.
1583
Première mention unifiée
Première mention unifiée
1583 (≈ 1583)
Maison décrite comme un seul logis.
XVIIe siècle (1ère moitié)
Propriété de Nicolas Chesneau
Propriété de Nicolas Chesneau
XVIIe siècle (1ère moitié) (≈ 1750)
Libraire angevin, frère d’un imprimeur parisien.
19 novembre 1993
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
19 novembre 1993 (≈ 1993)
Inscription par arrêté ministériel.
1994
Restauration de la façade
Restauration de la façade
1994 (≈ 1994)
Sans rétablissement des pignons d’origine.
première moitié du XXe siècle
Modification de la couverture
Modification de la couverture
première moitié du XXe siècle (≈ 2025)
Suppression du double pignon sur rue.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Pierre Tafoureau - Tailleur d’habits et commanditaire |
Propriétaire initial, monogramme « P et T » gravé. |
| Michel (prénom inconnu) - Co-commanditaire |
Monogramme « G et M » présent sur la façade. |
| Nicolas Chesneau - Libraire angevin |
Propriétaire au XVIIe siècle, frère d’un imprimeur parisien. |
| Vincent Fortin - Marchand au XVIIIe siècle |
Propriétaire mentionné dans une déclaration fiscale. |
Origine et histoire
La maison Tafoureau-Michel, située à Angers, est un exemple remarquable d’architecture civile de la fin du XVIe siècle. Construite vers 1572, elle se distingue par sa façade en pan de bois sculpté, typique de la Seconde Renaissance, et son plan initial composé de deux unités d’habitation rapidement unifiées. Les décors, peu remaniés, incluent des monogrammes et une date partiellement effacée, gravés sur les éléments structurels comme les cariatides et les potelets. La maison était à l’origine divisée en deux corps de logis, comme en témoigne une déclaration du XVIIIe siècle, mais elle fut transformée en une seule habitation dès 1583.
Les matériaux utilisés, comme le schiste pour la maçonnerie et le torchis pour les hourdis, reflètent les techniques locales de l’époque. L’escalier intérieur, à quatre noyaux et balustres en bois, ainsi qu’une cheminée d’origine, subsistent encore aujourd’hui. La maison a changé de propriétaires au fil des siècles, passant entre les mains d’un tailleur d’habits (Pierre Tafoureau), d’un certain Michel (dont on ignore le prénom), puis d’un marchand au XVIIIe siècle et d’un libraire au XVIIe siècle, Nicolas Chesneau, frère d’un imprimeur-libraire parisien. Ces transitions illustrent l’évolution sociale et économique du quartier.
Plusieurs modifications ont marqué son histoire : au XVIIe siècle, une cheminée fut ajoutée au deuxième étage, tandis qu’au XVIIIe ou XIXe siècle, des remaniements partiels du pan de bois ont entraîné la disparition de supports anthropomorphes et de potelets sculptés. La couverture, initialement dotée d’un double pignon sur rue, fut profondément modifiée dans la première moitié du XXe siècle, perdant ainsi son aspect d’origine. Malgré une restauration en 1994, les pignons ne furent pas rétablis. La maison, classée Monument Historique en 1993, conserve néanmoins un témoignage précieux de l’habitat urbain angevin de la Renaissance.
Les traces architecturales, comme le cloisonnement en pan de bois dans l’angle arrière gauche (disparu dans les années 1980) ou celui de l’angle droit, refait au XVIIe siècle, révèlent les adaptations successives du bâtiment. Ces éléments, combinés aux archives mentionnant sa division initiale en deux logis, offrent un éclairage sur les modes de vie et l’organisation spatiale des maisons bourgeoises de l’époque. Aujourd’hui propriété d’une société privée, la maison Tafoureau-Michel reste un jalon patrimonial majeur du centre historique d’Angers.