Origine et histoire de la Maison Vaucanson
La maison Vaucanson, également appelée hôtel d'Ornacieux, est un édifice du XVIIe siècle situé au 8 rue Chenoise, dans le centre historique de Grenoble. Construite par la famille de La Croix de Chevrières, elle est acquise en 1632 par Claudine de Chissé, veuve d’un conseiller du roi. Son fils, Jean III de La Croix, marquis d’Ornacieux et président au Parlement du Dauphiné, en fait un hôtel particulier typique de l’architecture aristocratique grenobloise, avec une cour, des loggias et un escalier monumental.
Au début du XVIIIe siècle, la maison est brièvement habitée par Jacques Vaucanson, ingénieur et inventeur d’automates, qui y réside en 1717 après la mort de son père. Bien qu’une plaque commémorative l’ait erronément présenté comme son lieu de naissance, elle reste associée à son nom. L’hôtel, situé près du Parlement et de la cathédrale Notre-Dame, reflète l’influence des élites parlementaires et ecclésiastiques de l’époque.
Classé monument historique en 1983 pour son portail Louis XIII et son escalier à balustres, l’édifice a connu plusieurs rénovations, notamment en 2020. Après avoir abrité des familles populaires et des commerces, il accueille aujourd’hui des associations et des événements culturels comme le festival Voix aux fenêtres. Son architecture, mêlant influences italiennes et dauphinoises, en fait un témoignage rare de l’urbanisme grenoblois des XVIIe et XVIIIe siècles.
La maison est aussi liée à des figures historiques comme les Bourcet de La Saigne, ingénieurs militaires, ou les Baratier, officiers du roi. Son jardin, autrefois traversé par le ruisseau Verderet, et ses écuries rappellent une vie sociale animée, entre domesticité et réceptions. Malgré des transformations au XIXe siècle, elle conserve des éléments remarquables comme une Vierge archaïque en niche et des galeries en anse de panier.
Sous la Révolution, la rue Chenoise est rebaptisée rue Vaucanson, et l’hôtel change de mains, passant aux Heurard de Fontgalland, famille de notables locaux. Au XIXe siècle, une partie du bâtiment est convertie en auberge, tandis que des rumeurs évoquent une romance du jeune Stendhal dans ses murs. Aujourd’hui, sa cour et ses façades restaurées offrent un cadre prestigieux pour des manifestations patrimoniales.