Origine et histoire des maisons, Place Foire-le-Roi
La place Foire-le-Roi, située dans le quartier Saint-Julien de Tours, est un lieu emblématique du patrimoine tourangeau. Elle s’est développée au Moyen Âge comme espace de commerce et de foires, notamment après le transfert de la foire de la Saint-Christophe en 1358. Cette foire, créée par Jean II le Bon pour financer la construction de l’enceinte urbaine dite la clouaison, a donné son nom à la place, évoluant de la Fère-le-Roy à Foyre-le-Roi.
Au XVIe siècle, la place devient un secteur privilégié pour les hôtels Renaissance, attirant les familles aisées de Tours. Les maisons à colombages et en pierre, typiques des XVe et XVIe siècles, y sont encore visibles aujourd’hui, bien que certaines aient été détruites lors des bombardements de 1944. Malgré ces pertes, la place conserve un nombre important de monuments protégés, comme l’hôtel de Jean Galland ou des maisons à pans de bois des XVe et XVIe siècles.
La place Foire-le-Roi illustre aussi les dynamiques économiques et sociales de Tours, notamment avec les foires accordées par François Ier en 1545 pour soutenir les soyeux tourangeaux. Ces événements, toujours célébrés aujourd’hui, ont marqué l’identité commerciale de la ville. La place, classée depuis 1935, reste un témoignage vivant de l’histoire médiévale et renaissante de Tours, malgré les destructions du XXe siècle.
Lors des bombardements de 1944, une partie de la place, notamment son côté sud, a été détruite. En 1958, malgré les efforts de préservation menés par des architectes comme Pierre Boille, deux maisons à pans de bois du XVe siècle ont été démolies. Cependant, la place a conservé des éléments architecturaux remarquables, comme une rare maison en brique du XVe siècle au numéro 18, ou des façades en pierre reconstruites aux XIXe et XXe siècles.
Aujourd’hui, la place Foire-le-Roi, intégrée au secteur sauvegardé de Tours, incarne la résilience du patrimoine tourangeau. Elle est un lieu de mémoire, où se mêlent histoire médiévale, Renaissance et modernité, tout en restant un espace vivant, fréquenté par les habitants et les touristes. Son inscription dans le périmètre UNESCO du Val de Loire renforce son importance culturelle et historique.