Origine et histoire des Maisons, Quai Vauban
Le quai Vauban, aménagé entre 1691 et 1695 à Besançon par l’ingénieur Isaac Robelin, remplace quatre anciens quais (Saint-Esprit, Boucheries, Poitun, Cordeliers). Il s’étend sur 600 mètres le long du Doubs, dans le quartier de La Boucle, et est bordé d’immeubles en pierre de Chailluz avec arcades au rez-de-chaussée. Bien que contemporain de Vauban, ce projet s’oppose à ses plans de fortification continue, la zone étant déjà protégée par la tête de pont de Battant. Faute de financements, l’ensemble n’est pas achevé comme prévu initialement.
Le quai intègre une casemate de tir sous le pont Battant, conçue pour défendre les rives du Doubs, mais la porte de guerre prévue est remplacée par un arc de triomphe (1691-1693) en l’honneur de Louis XIV, démoli en 1776 pour cause de dangerosité. Deux ports souterrains (Mayeur et des Chapeliers) subsistent, reliant le quai au chemin de halage, aménagé entre 1828 et 1832 lors de la canalisation du Doubs. Ce chemin, aujourd’hui promenade, a nécessité la modification de la casemate, rendue obsolète.
Les immeubles des numéros 2 à 40 (sauf exceptions) sont inscrits aux monuments historiques depuis 1933 pour leurs façades, toitures, et le quai adjacent. Parmi eux, l’ancien grenier municipal (n°27) et une partie de l’Hôpital du Saint-Esprit (n°31) se distinguent. Le quai, inclus dans le secteur sauvegardé de Besançon et le site inscrit du « Centre ancien » (1977), illustre l’héritage urbain et militaire de la ville, marqué par Vauban bien que ce projet ne soit pas de sa main.
Le nom du quai rend hommage à Sébastien Le Prestre de Vauban, ingénieur militaire ayant fortifié Besançon à la fin du XVIIe siècle, notamment avec la Citadelle. Cependant, son rôle se limite ici à l’inspiration nominale, le projet étant mené par les frères Robelin. L’alignement des immeubles, malgré les contraintes financières, reste un témoignage majeur de l’architecture classique bisontine, mêlant utilité civile et héritage défensif.