Origine et histoire des Maisons, Rue du Cygne
L’hôtel particulier situé au 27 rue du Cygne à Tours, dans le quartier du Vieux-Tours, est un édifice composite dont les parties les plus anciennes remontent à la fin du XVe siècle. Le corps de logis principal, marqué par une tour d’escalier pentagonale typique du gothique tardif, est agrandi au XVIe siècle par une aile sud de style Renaissance, caractérisée par des pilastres, une frise ornée et des décors géométriques en ardoise. Une troisième aile, au nord, est ajoutée au XVIIIe siècle, période durant laquelle certaines parties du bâtiment sont remaniées, comme en témoignent les grilles de balcon.
L’hôtel connaît une histoire mouvementée : loué en 1622 par les Ursulines en attente de leur couvent, il est acquis en 1766 par l’archevêque de Tours, Mgr Rosset de Fleury, qui en fait don à son intendant, Silvain Pradeau. Entre 1774 et 1781, le lieu abrite le petit séminaire de Tours. Son portail en plein cintre, orné de motifs végétaux et d’une tête humaine, donne accès à une cour initialement ouverte, reliée à la rue par un passage couvert. La façade de l’aile sud, parfois appelée aile François Ier, présente une particularité architecturale : ses baies latérales ont des linteaux obliques, convergant vers la baie centrale.
Classé monument historique en 1926 pour son corps de logis et son aile Renaissance, l’hôtel conserve des traces de ses usages successifs, comme l’inscription « dortoir » gravée sur un linteau, vestige de son passé séminal. Son emplacement, dans un secteur autrefois marécageux près des remparts médiévaux de Tours, reflète l’urbanisation progressive de la ville entre Moyen Âge et époque moderne. Les décors de la galerie murée, incluant cartouches et cariatides, illustrent l’influence des canons esthétiques de la Renaissance française dans l’architecture civile tourangelle.
Les sources historiques soulignent son lien avec l’hôtel de la Bourdaisière, dont il aurait été une dépendance. Les transformations successives — adjonction d’ailes, murage de la galerie, modifications intérieures — révèlent une adaptation constante aux besoins de ses occupants, des moniales aux séminaristes. Aujourd’hui, l’édifice reste un témoignage remarquable de la superposition des styles et des fonctions urbaines à Tours, entre héritage médiéval et innovations renaissantes.