Frise chronologique
XVe siècle
Première mention
Première mention
XVe siècle (≈ 1550)
Propriété de la famille Pépin
1708
Héritage de François-Auguste Magon
Héritage de François-Auguste Magon
1708 (≈ 1708)
Devenu propriétaire du domaine
1710-1720
Construction du château
Construction du château
1710-1720 (≈ 1715)
Supervisée par François-Auguste Magon
1735
Bénédiction de la chapelle
Bénédiction de la chapelle
1735 (≈ 1735)
Chapelle dotée d’un campanile
1794
Exécution d’Erasme Auguste Magon
Exécution d’Erasme Auguste Magon
1794 (≈ 1794)
Dernier héritier direct guillotiné
2 février 1982
Classement monument historique
Classement monument historique
2 février 1982 (≈ 1982)
Protection des façades, intérieurs et jardins
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures du manoir et des communs ; escalier avec sa rampe en fer forgé ; salle à manger avec décor de boiseries et bureau avec décor de toiles de Jouy ; au rez-de-chaussée, chambre avec son décor de cuir de Cordoue ; à l'étage, chapelle ; jardin ordonnancé avec pièces d'eau (cad. W 120 à 122, 131) : classement par arrêté du 2 février 1982
Personnages clés
| François-Auguste Magon de la Lande - Armateur et corsaire |
Commanditaire du château (1710-1720) |
| Nicolas Magon de La Chipaudière - Frère aîné |
Château construit en son honneur |
| Erasme Auguste Magon de la Lande - Dernier héritier direct |
Exécuté en 1794 pendant la Révolution |
| André Le Nôtre - Jardinier paysagiste (attribué) |
Auteur présumé des jardins |
| Henri Georges Marie Magon de la Giclais - Général, dernier propriétaire notable |
Acquiert la malouinière en 1902 |
Origine et histoire
La malouinière de la Chipaudière, aussi appelée château de la Chipaudière, est l’une des plus imposantes malouinières de Saint-Malo, ces résidences de plaisance bâties par les armateurs de la cité corsaire au XVIIIe siècle. Située à Paramé (aujourd’hui intégré à Saint-Malo), elle fut construite entre 1710 et 1720 sous la supervision de François-Auguste Magon de la Lande, armateur, corsaire sous Louis XIV et directeur de la Compagnie des Indes orientales. Ce monument incarne la puissance économique de Saint-Malo à son apogée, mêlant fastes architecturaux et héritage maritime.
La propriété appartenait initialement à la famille Pépin au XVe siècle, avant d’être transformée en un château de style classique orné d’un fronton aux armes des Magon, couronné d’une couronne de marquis. La chapelle, bénite en 1735, abrite un autel en bois sculpté et un campanile, tandis que les communs, datant du XVIIe siècle, affichent des gerbières aux frontons alternativement arrondis et triangulaires. Le domaine s’étend sur 4 hectares, avec un jardin à la française attribué à Le Nôtre, organisé en trois terrasses menant à un miroir d’eau bordé de tilleuls centenaires.
La malouinière resta dans la famille Magon jusqu’à la Révolution, passant notamment à Nicolas Auguste Magon de la Lande (guillotiné en 1794) puis à sa veuve, avant d’être transmise par héritage aux Besnier, puis au général Magon de la Giclais au XXe siècle. Classée monument historique en 1982 pour ses façades, toitures, décors intérieurs (boiseries, cuir de Cordoue, toiles de Jouy) et son jardin, elle reste une propriété privée ouverte à la visite, témoin de l’histoire maritime et aristocratique de la Bretagne.
L’intérieur conserve des éléments remarquables comme une salle à manger ornée de marbre de Carrare et de chêne de Norvège, un bureau tendu de toiles de Jouy, et des chambres aux lambris de chêne de Hollande. La chapelle, fondée en 1672 pour une messe hebdomadaire avant d’être transférée à la Chipaudière, porte les armoiries des Magon et de la seigneurie de La Lande. Ce lieu illustre aussi les liens entre pouvoir économique, religion et noblesse d’Ancien Régime, à travers sa fondation et ses décorations héraldiques.
Le site, isolé par de hauts murs, reflète le statut social de ses propriétaires : un portail monumental et une rabine marquent l’entrée du domaine, soulignant la distinction entre l’espace seigneurial et le monde rural environnant. La malouinière de la Chipaudière, avec son architecture symétrique et ses dépendances (colombier, orangerie), incarne ainsi l’alliance entre luxe, fonctionnalité et symbolisme, caractéristique des élites malouines du XVIIIe siècle.
Conditions de visite
Conditions de visite : Ouvert toute l'année
Période d'ouverture : Horaires, jours et tarifs sur le site de la malouinière ci-dessus.