Crédit photo : Pierre de La Touche - Sous licence Creative Commons
Propriété privée
35400 Saint-Malo, 26 Rue de Dreux
Frise chronologique
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
1637
Construction de la malouinière
Construction de la malouinière 1637 (≈ 1637)
Édification comme proto-malouinière à Saint-Servan.
1698
Fondation de la Compagnie des Mers du Sud
Fondation de la Compagnie des Mers du Sud 1698 (≈ 1698)
Par Noël Danycan pour exploiter le Pacifique.
1703–1708
Expéditions de Perrée du Coudray
Expéditions de Perrée du Coudray 1703–1708 (≈ 1706)
Voyages aux Mers du Sud sous Danycan.
2000
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique 2000 (≈ 2000)
Inscription du logis et du jardin.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Malouinière, à savoir : le logis et son jardin clos de murs (cad. BP 66) : inscription par arrêté du 13 juillet 2000
Personnages clés
Noël Danycan (1651–1731) - Armateur et corsaire
Propriétaire, fondateur de la Compagnie des Mers du Sud.
Perrée du Coudray - Explorateur
Mène des expéditions pour Danycan (1703–1708).
Origine et histoire de la Malouinière de la Verderie
La malouinière de la Verderie, située à Saint-Servan (Saint-Malo), est édifiée durant la première moitié du XVIIe siècle. Elle incarne l’une des premières proto-malouinières, ces vastes résidences de campagne construites par les armateurs enrichis grâce au commerce maritime et à la course. Son plan en L, complété par une tour d’escalier octogonale hors-œuvre, révèle une transition entre l’architecture médiévale tardive (XVe–XVIe siècles) et le classicisme naissant. La symétrie de sa façade sur jardin et ses cheminées épaulées annoncent déjà le style des malouinières ultérieures, symboles du faste des élites malouines.
La demeure est associée à Noël Danycan (1651–1731), seigneur de l’Épine et corsaire emblématique de Saint-Malo. Figure majeure de la Compagnie des Indes et l’une des fortunes les plus considérables du royaume, il utilise la malouinière comme poste d’observation pour guetter le retour de ses navires. En 1698, il fonde la Compagnie royale de la mer du Sud, visant à exploiter les richesses des côtes chiliennes et péruviennes, alors sous domination espagnole. Les expéditions menées sous son égide, comme celles de Perrée du Coudray (1703–1708), illustrent l’ambition maritime malouine au tournant du XVIIIe siècle.
Le logis, remanié au XVIIIe siècle (ajout de boiseries et d’un toit à la Mansart), conserve des éléments originels précieux, tels ses lambris-cloisons du XVIIe siècle. Classé à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques en 2000 pour son logis et son jardin clos, le site témoigne de l’âge d’or des malouinières, lié à l’essor de la course et des expéditions lointaines pendant la guerre de la Ligue d’Augsbourg. Son architecture hybride en fait un jalon clé pour comprendre l’évolution des résidences aristocratiques bretonnes.
La malouinière de la Verderie se distingue aussi par son implantation périphérique à Saint-Malo, reflétant la stratégie des armateurs de s’éloigner du centre urbain pour afficher leur réussite. La tour d’escalier, visible depuis la rue Dreux, servait autant de belvédère que de symbole de pouvoir. Aujourd’hui, le site reste un exemple représentatif de ce patrimoine maritime, où se mêlent histoire corsaire, ambition coloniale et innovation architecturale.