Frise chronologique
1550
Acquisition par Jehan de Launay
Acquisition par Jehan de Launay
1550 (≈ 1550)
Ancien manoir racheté par un bourgeois malouin.
1732
Construction de la malouinière
Construction de la malouinière
1732 (≈ 1732)
Édifiée pour François Baudran, avocat malouin.
17 octobre 1994
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
17 octobre 1994 (≈ 1994)
Inscription de l’enclos et du logis.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Ensemble de l'enclos et du logis (cad. C 216, 222, 223, 913 à 915, 917, 918) : inscription par arrêté du 17 octobre 1994
Personnages clés
| Jehan de Launay - Propriétaire en 1550 |
Bourgeois malouin, premier détenteur connu. |
| François Baudran (1683–1743) - Commanditaire en 1732 |
Avocat au Parlement, constructeur de la malouinière. |
| Jane Irish - Peintre américaine |
A représenté la malouinière dans ses œuvres. |
| Jean-Jacques Rioult - Historien de l’architecture |
A étudié le site en 1994. |
Origine et histoire
La malouinière de Launay-Ravilly, située à Saint-Père-Marc-en-Poulet (Ille-et-Vilaine), est une résidence bourgeoise construite en 1732 pour François Baudran (1683–1743), avocat au Parlement et membre d’une vieille famille malouine. Ce monument illustre l’architecture sobre des malouinières de taille moyenne, avec un logis quadrangulaire, une cour close, et des dépendances organisées pour l’autarcie (pigeonnier, vivier, écuries). Son plan intérieur, centré sur une salle à manger flanquée d’un salon et d’une cuisine, reflète l’agencement typique de ces demeures du XVIIIe siècle.
Le domaine, anciennement propriété de la famille de Goüyon, passe par héritages successifs (de Tréal, de Guitté, de Québriac) avant d’être acquis en 1550 par Jehan de Launay. La malouinière actuelle, édifiée sur les terres de ce dernier, conserve un décor intérieur quasi intact (lambris, dallages, cheminées), à l’exception du salon remanié au XIXe siècle. Son environnement complet (jardin clos, basse-cour, rabine d’accès) est exceptionnellement préservé, ce qui lui vaut une inscription aux Monuments Historiques en 1994. La tradition orale affirme qu’elle est restée dans la même famille depuis sa construction.
L’architecture de Launay-Ravilly allie modénature vraie et fausse, avec des façades en granite et un toit à croupes en ardoise. Ses élévations sobres, à trois travées, et sa distribution compacte en font un modèle de malouinière « parfaite », comparable au Mur Blanc. Le site comprend aussi deux pavillons (four et latrines), un saut-de-loup, et un colombier, témoignant de son rôle de maison des champs autarcique. L’étude de Jean-Jacques Rioult (1994) souligne sa qualité constructive et son état de conservation remarquable, rare pour les malouinières de cette taille.
La malouinière a inspiré des artistes, comme la peintre américaine Jane Irish, qui l’a représentée parmi d’autres résidences malouines. Son inscription à l’Inventaire des Monuments Historiques couvre l’ensemble du logis et de son enclos (cadastre C 216, 222, etc.), protégeant ainsi un patrimoine architectural et paysager représentatif de l’âge d’or de Saint-Malo au XVIIIe siècle.