Frise chronologique
vers 1730
Construction de la malouinière
Construction de la malouinière
vers 1730 (≈ 1730)
Probablement édifiée par Bertrand Dufresne du Demaine.
après 1918
Transformation en dépendance agricole
Transformation en dépendance agricole
après 1918 (≈ 1918)
Préservation par absence de modernisation.
3 août 1993
Inscription monument historique
Inscription monument historique
3 août 1993 (≈ 1993)
Logis, décor intérieur, jardin et enclos protégés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Logis, y compris son décor intérieur et ses peintures, ainsi que son jardin et son enclos (cad. Y 131, 132, 289) : inscription par arrêté du 3 août 1993
Personnages clés
| Bertrand Dufresne du Demaine - Armateur et capitaine corsaire |
Constructeur présumé de la malouinière vers 1730. |
| Julien Dufresne - Héritier et petit-fils d'armateur |
Propriétaire par succession familiale. |
| Marquis Fournier de Bellevue - Planteur de Saint-Domingue |
Acquéreur après la Révolution française. |
Origine et histoire
La malouinière du Demaine, aussi appelée logis du Mur Blanc, est une demeure emblématique construite vers 1730 dans la région de Saint-Malo. Elle incarne l’architecture sobre et fonctionnelle des malouinières, résidences de corsaires et armateurs du XVIIIe siècle. Son plan classique à trois travées, ses cheminées épaulées et ses oculi ovales reflètent les influences stylistiques de l’époque, tout en conservant des archaïsmes comme l’absence de bandeau d’étage.
Attribuée à Bertrand Dufresne du Demaine, armateur et capitaine corsaire né en 1685, la propriété passe ensuite à son petit-fils, Julien Dufresne, héritier d’une lignée de corsaires malouins. Après la Révolution, elle est vendue au marquis Fournier de Bellevue, un planteur revenu de Saint-Domingue. Transformée en dépendance agricole après 1918, elle échappe ainsi aux modernisations intempestives, préservant son décor intérieur d’origine, incluant boiseries et plafonds à voûte.
Le jardin et l’enclos, recréés selon les traces historiques, ont été inscrits aux monuments historiques en 1993. Malgré des années d’abandon, le logis conserve un état de conservation remarquable, avec des éléments comme un buffet d’attache et des niches pour fontaines d’applique dans la salle à manger. La malouinière illustre à la fois l’opulence discrète des armateurs malouins et les traditions architecturales locales, mêlant innovations du XVIIIe siècle et persistance de techniques plus anciennes.
Les sources mentionnent une possible attribution à la famille Girard du Demaine, bien que non confirmée, soulignant le manque de documentation précise sur sa construction. Aujourd’hui en cours de restauration, elle reste un témoignage rare de ce patrimoine maritime, lié à l’âge d’or de la course malouine et au commerce colonial.
Son inscription comme monument historique en 1993 couvre le logis, son décor intérieur, ses peintures, ainsi que le jardin et son enclos. La malouinière du Demaine incarne ainsi un pan de l’histoire économique et sociale de la Bretagne, entre aventure maritime, commerce triangulaire et héritage architectural.