Frise chronologique
1729-1732
Construction initiale
Construction initiale
1729-1732 (≈ 1731)
Édifiée par Michel Marion pour les Nouël de la Baronnie.
1799
Vente à la famille Marion
Vente à la famille Marion
1799 (≈ 1799)
Acquise par les neveux de Duguay-Trouin.
1807
Mariage Marion-Gauttier
Mariage Marion-Gauttier
1807 (≈ 1807)
Thérèse Marion épouse Louis Gauttier, armateur.
1820
Introduction des cactées
Introduction des cactées
1820 (≈ 1820)
Pierre-Henry Gauttier rapporte des spécimens de Montevideo.
1944
Bombardements de la Seconde Guerre mondiale
Bombardements de la Seconde Guerre mondiale
1944 (≈ 1944)
Destruction partielle des dépendances et jardins.
1990
Classement monument historique
Classement monument historique
1990 (≈ 1990)
Inscription des logis et communs.
1998
Ouverture au public
Ouverture au public
1998 (≈ 1998)
Début des visites guidées.
2013
Prix des Vieilles Maisons Françaises
Prix des Vieilles Maisons Françaises
2013 (≈ 2013)
Récompense pour la restauration de Jean Gauttier.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Malouinière Le Puits Sauvage, au hameau de Saint-Etienne : logis et communs, cour et murs clôturant la propriété (cad. C 144 à 146, 149) : inscription par arrêté du 9 octobre 1990
Personnages clés
| Michel Marion - Architecte du roi |
Conçoit la malouinière entre 1729 et 1732. |
| Famille Nouël de la Baronnie - Premiers propriétaires |
Descendants d’un neveu de Jacques Cartier. |
| Louis Gauttier - Armateur et corsaire |
Époux de Thérèse Marion en 1807. |
| Pierre-Henry Gauttier du Parc - Contre-amiral et hydrographe |
Rapporta la Vénus de Milo et des cactées. |
| Michel Gauttier (1917-2016) - Horticulteur |
Développa la collection de cactées post-guerre. |
| Jean Gauttier - Architecte du patrimoine |
Propriétaire actuel, restaurateur primé en 2013. |
Origine et histoire
La malouinière du Puits Sauvage, située à Saint-Malo dans le hameau de Saint-Étienne, fut construite entre 1729 et 1732 par l'architecte Michel Marion pour la famille Nouël de la Baronnie, descendante d’un neveu de Jacques Cartier. Ce monument illustre l’âge d’or des malouinières, résidences de campagne érigées par les armateurs et corsaires enrichis par le commerce maritime et la course au XVIIIe siècle. Son architecture sobre, avec un logis flanqué de deux ailes basses et un toit pentu, reflète le style caractéristique de ces demeures.
La propriété, initialement acquise par les Nouël de la Baronnie, passa en 1799 aux mains de la famille Marion, puis en 1807 à la famille Gauttier par le mariage de Thérèse Marion avec Louis Gauttier, armateur et ami de Robert Surcouf. Parmi ses propriétaires notables figure le contre-amiral Pierre-Henry Gauttier du Parc (1772-1850), qui rapporta en 1820 des cactées de Montevideo, fondant ainsi une collection botanique toujours présente. La malouinière fut gravement endommagée pendant la Seconde Guerre mondiale, perdant sa buanderie, son aile ouest et son pavillon du jardinier sous les bombardements.
Classée monument historique en 1990, la malouinière a bénéficié d’une restauration méthodique menée par Jean Gauttier, architecte du patrimoine et propriétaire actuel, récompensé en 2013 par le prix national des Vieilles Maisons Françaises. Le domaine, ouvert au public depuis 1998, abrite un hectare de jardins à la française, une serre tropicale de 800 espèces de cactées, et des dépendances remarquables comme une piscine à chevaux du XVIIIe siècle. Son histoire récente fut marquée par une controverse en 2015, opposée à un projet hospitalier menaçant son périmètre protégé.
Le logis, d’une surface de 550 m2, conserve des éléments d’origine comme des lambris du XVIIIe siècle, des gypseries mythologiques, et un mobilier historique incluant des lettres de marque et des instruments de navigation. Les jardins, reconstitués depuis 1999, mêlent bosquets géométriques, verger, et une terrasse évoquant l’univers corsaire avec des sabords et canons en bois. La malouinière inspire aussi la littérature, servant de décor à la série policière La Breiz Brigade de Frédéric Mars.
L’architecture du Puits Sauvage se distingue par sa cour carrée et ses deux escaliers latéraux, une disposition atypique parmi les malouinières. Malgré la destruction partielle de ses dépendances et jardins pendant la guerre, le site a préservé son authenticité, notamment grâce à la transmission familiale ininterrompue depuis 1807. La collection de cactées, initiée au XIXe siècle, témoigne des échanges maritimes malouins, tandis que l’oratoire, le colombier et le puits de 1746 complètent ce patrimoine exceptionnel.