Origine et histoire de la Malterie Claeyssens
La malterie Claeyssens, située à Wambrechies, fut construite au XIXe siècle dans le cadre d’un complexe industriel dédié à la production de genièvre. Implantée autour de trois cours (une d’entrée en gravier et deux intérieures, l’une en macadam, l’autre pavée), elle intègre des bâtiments aux fonctions spécialisées : silos en béton armé remplis de briques, moulin équipé de broyeurs et trieurs sur deux étages, atelier de distillation, et entrepôts. Son architecture allie matériaux traditionnels (briques, tuiles, ardoises) et structures modernes comme le béton armé ou les verrières, reflétant les innovations techniques de l’époque industrielle.
L’histoire du site remonte à 1789, lorsque Joseph Guillaume Claeyssens, fuyant la Belgique après la Révolution française, s’installe à Wambrechies pour y fonder une huilerie. Son fils transforme l’huilerie en distillerie de genièvre en 1817, exploitant les ressources locales : énergie hydraulique fournie par la rivière Deûle et une nappe phréatique profonde pour une eau pure. Dirigée initialement par Henri Lesen, un ami allemand, la distillerie connaît un essor majeur au XIXe siècle, employant jusqu’à 70 personnes et produisant deux millions de litres de genièvre annuellement vers 1900. Malgré des difficultés de gestion, le site, racheté en 1998 par un industriel belge, reste en activité aujourd’hui.
Le complexe, séparé de la distillerie par le canal de la Deûle, est partiellement protégé depuis 1999 (façades et toitures inscrites aux Monuments Historiques). Ses bâtiments, conçus pour chaque étape de fabrication (fermentation, cuisson, stockage), illustrent l’organisation rationnelle des malteries-distilleries du XIXe siècle. La production actuelle, réduite à 200 000 litres par an avec quatre employés, perpétue un savoir-faire historique sur un matériel d’époque partiellement conservé.
La malterie s’inscrit dans un contexte régional marqué par l’industrialisation précoce du Nord, où les ressources hydrauliques et la main-d’œuvre abondante favorisaient les activités de transformation. Son architecture fonctionnelle, adaptée aux contraintes techniques (refroidissement, stockage, distillation), témoigne de l’ingéniosité des industriels locaux. Le site, propriété de la commune de Wambrechies, conserve une valeur patrimoniale à la fois technique, historique et sociale, liée à l’histoire économique de la région Hauts-de-France.