Origine et histoire
Le manoir d'Azelonde, situé à Criquetot-l'Esneval en Seine-Maritime, était un édifice seigneurial du 4e quart du XVe siècle, construit sur les ruines d’une ancienne forteresse. Propriété des Martel au XVIe siècle, il se distinguait par sa qualité architecturale, mêlant pierre, silex, chaume et pans de bois. Son décor sculpté (cheminées, sablières) en faisait une référence des manoirs cauchois. Le domaine, entouré de fossés probablement gallo-romains, tirait son nom Azelonde d’une origine scandinave (lundr, « bois »), évoquant un « bosquet de frênes ». Le fief fut cédé au XVe siècle par Henri V d’Angleterre à John Fastolf, capitaine et chambellan, avant de passer aux Martel.
Le manoir accueillit Charles IX en 1563 lors de la campagne pour reprendre Le Havre. Inscrit aux monuments historiques en 1929, il subit des dégradations majeures : destruction du colombier au début du XXe siècle, arrachage de la toiture par une tempête en décembre 1979, puis disparition rapide des vestiges (façade en pierre, premier étage). Radié des monuments historiques en 2007, il ne subsiste aujourd’hui que des traces toponymiques et archivistiques, comme les mentions médiévales du fief d’Asselonde (1467) ou du Bois d’Azelonde (1398).
Le toponyme Azelonde reflète l’héritage normand des Vikings, avec une altération possible sous l’influence du nom de personne Aze, attesté en Normandie. Les archives révèlent une évolution sémantique : Heres de Esclonde (1210), fief d’Allende (1419), puis fief d’Azelonde (1503), illustrant les mutations linguistiques et foncières sur cinq siècles. Le site, situé route de Turretot au lieu-dit Mondeville, était ceint de fossés interprétés comme gallo-romains, ajoutant une strate historique antérieure à la période médiévale.
Architecturalement, le manoir combinait des matériaux locaux (silex, chaume) et des techniques traditionnelles (pans de bois), typiques des constructions seigneuriales du Pays de Caux. Sa destruction progressive, accélérée après 1979, en fait un symbole des défis de préservation du patrimoine rural. Les sources (Wikipédia, Monumentum) soulignent son rôle dans l’histoire locale, entre occupation anglaise pendant la guerre de Cent Ans et visite royale à la Renaissance, avant son effacement définitif du paysage.