Origine et histoire du Manoir d'Andigny
Le manoir d'Andigny est situé à Saint-Étienne-de-Chigny (Indre-et-Loire) et, sous l'Ancien Régime, dépendait de la paroisse de Cinq-Mars. À l'origine, le site accueillait une villa romaine. Au XIVe siècle, le fief relevait de l'archevêché de Tours et de la châtellenie de Boussay. Un plan de 1756 montre le manoir dans son unité, avec puits, fontaine et fuye ; au XIXe siècle il est morcelé. Le bâtiment se compose de deux corps de logis accolés ; la façade donnant sur le chemin communal a été refaite au XXe siècle. Un escalier à vis de Saint-Gilles mène au premier étage, où une grande cheminée présente une hotte décorée d'une fresque représentant le débarquement de Sainte-Marthe en Provence. Une autre cheminée du rez-de-chaussée porte une inscription du XVIe siècle sur sa hotte. Le manoir comprend également une chapelle creusée dans le roc dont la façade comporte une porte et deux baies géminées aux piédroits ornés de motifs du XVIe siècle. Divers éléments du manoir ont été inscrits au titre des monuments historiques en 1992. La terre fut vendue par Jean de Menou, seigneur de Boussay, à la famille d'Angrie, qui devint par la suite la famille d'Andigné ; malgré des tentatives d'émancipation, la terre d'Andigny resta rattachée à la seigneurie de Boussay. Les seigneurs d'Andigny avaient le droit de banc seigneurial dans l'église Saint-Étienne. La famille d'Andigné est attestée par plusieurs personnes : Claude d'Angrie (1121), Mathieu d'Angrie (1230), Geoffroy d'Andigné (1300), Guillaume d'Andigné (vers 1350), Jacquelin d'Andigné (1367), Geoffroy d'Andigné (mort le 5 décembre 1390) et Lancelot d'Andigné (1420). La famille Binet apparaît ensuite, avec notamment Jacques Binet (1454), chevalier et seigneur d'Andigny, marié à Marie Poncher, puis Martin Binet (1500), Jean Binet (1507), le co-seigneur Jean Fleury (1520), Macé Binet (vers 1530), Jean Binet (1533), Jacques Binet (1535) et Jean Binet (1555). Le 25 avril 1534, René de Menou obtint un jugement établissant que la terre d'Andigni relevait de la seigneurie de Boussay. La famille de l'Aubespine est également liée au lieu, avec Claude de l'Aubespine (1532), baron de Châteauneuf, diplomate et secrétaire d'État, qui fut par ailleurs maire de Tours en 1557-1558.