Frise chronologique
1530
Héritage de Nicolas de Hennot
Héritage de Nicolas de Hennot
1530 (≈ 1530)
Fils hérite du domaine et épouse Catherine Le Clerc.
XVe siècle
Premières mentions du fief
Premières mentions du fief
XVe siècle (≈ 1550)
Terre fieffée à la famille de Hennot.
1603
Exécution des Ravalet
Exécution des Ravalet
1603 (≈ 1603)
Julien et Marguerite condamnés pour inceste.
fin XVIe siècle
Construction du pavillon Renaissance
Construction du pavillon Renaissance
fin XVIe siècle (≈ 1695)
Tour-pavillon avec montoir et fenêtres superposées.
XVIIIe siècle
Rénovation du logis principal
Rénovation du logis principal
XVIIIe siècle (≈ 1850)
Fenêtres à petits carreaux et façade régulière.
18 décembre 1981
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
18 décembre 1981 (≈ 1981)
Protection de la tour et des façades.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Tour d'angle à l'extrémité de l'aile est du manoir ; façades et toitures du bâtiment du XVIIIe siècle (cad. A 35) : inscription par arrêté du 18 décembre 1981
Personnages clés
| Nicolas de Hennot (XVIe siècle) - Maître des eaux et forêts |
Hérite du manoir en 1530. |
| Catherine Le Clerc - Épouse de Nicolas de Hennot |
Fille du corsaire François Le Clerc. |
| Madeleine de Hennot - Héritière du domaine |
Épouse Jean III de Ravalet. |
| Julien de Ravalet - Sieur d’Arreville |
Condamné en 1603 pour inceste. |
| Marguerite de Ravalet - Sœur de Julien |
Condamnée avec son frère. |
| Nicolas de Hennot (XVIIe siècle) - Officier de la reine |
Époux de Marie du Saussey. |
Origine et histoire
Le manoir d'Arville, aussi appelé manoir d'Arreville, est une demeure des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles située à 1,2 km au nord-est de l'église de Sainte-Geneviève, dans la Manche. Il se distingue par deux périodes architecturales marquées : un pavillon étroit de la fin du XVIe siècle, de style Renaissance, et un bâtiment du XVIIIe siècle formant angle droit. La tour-pavillon, coiffée d'un toit à forte pente, conserve des éléments typiques comme un montoir pour monter à cheval, tandis que le logis principal arbore des fenêtres à petits carreaux caractéristiques du XVIIIe siècle.
L’histoire du manoir est liée à la famille de Hennot dès le XVe siècle. En 1530, Nicolas de Hennot, maître des eaux et forêts au bailliage de Cotentin, hérite du domaine et épouse Catherine Le Clerc, fille du corsaire François Le Clerc. Leur petite-fille, Madeleine de Hennot, épouse Jean III de Ravalet, seigneur de Tourlaville. Leur fils, Julien de Ravalet, sieur d’Arreville, sera condamné et décapité à Paris en 1603 avec sa sœur Marguerite pour inceste. Au XVIIe siècle, un autre Nicolas de Hennot, officier de la reine, épouse Marie du Saussey, perpétuant l’ancrage aristocratique du lieu.
Les dépendances du manoir incluent une ferme aux bâtiments allongés, avec des éléments du XVIe siècle comme un double porche, et une charretterie du XVIIIe siècle aux arches en plein cintre. Un pressoir à longue étreinte subsiste dans les communs, témoignant de l’activité agricole passée. La tour d'angle et les façades du XVIIIe siècle sont protégées depuis 1981 au titre des monuments historiques, soulignant leur valeur patrimoniale.
Architecturalement, le manoir mêle sobriété et élégance : la façade du logis, côté jardin, rappelle celle du château de Graintéville à Clitourps par son fenestrage régulier. La tour Renaissance, percée de larges fenêtres superposées et d’un oculus, contraste avec le bâtiment adjacent du XVIIIe siècle, plus sobre. Ces contrastes illustrent les évolutions stylistiques entre Renaissance et siècle des Lumières en Normandie.
Le domaine, aujourd’hui propriété privée, incarne l’histoire locale à travers ses transformations successives. Son inscription partielle en 1981 vise à préserver les éléments les plus représentatifs de son passé, tout en permettant une adaptation à des usages contemporains, comme la location de salles ou l’hébergement touristique.