Origine et histoire du Manoir d'Auffay
Le manoir d'Auffay, situé à Oherville en Seine-Maritime, trouve ses origines dans une installation castrale des XIe et XIIe siècles, attestée par une motte voisine. Ce site appartenait à la famille d’Houdetot jusqu’au XVIIe siècle. La reconstruction du manoir au XVe siècle fut initiée par Guillaume d’Houdetot, grand maître des arbalétriers de France, après la destruction de son château d’Houdetot par les Anglais en 1423. Les travaux, retardés par la guerre de Cent Ans, débutèrent vers 1450 sous la direction de son fils Jean († 1492), bénéficiant d’une rente de cent livres offerte par sa mère.
En 1485, Jean d’Houdetot et son épouse Marie de la Mothe cèdent le fief d’Auffay à leur fils aîné Jacques pour son mariage. À sa mort en 1492, Jacques hérite seul des fiefs familiaux, malgré la coutume locale, et conserve Auffay où il entreprend des constructions. Le manoir actuel, de style transitionnel entre Moyen Âge et Renaissance, est principalement l’œuvre de Jacques († 1513) et de son petit-neveu Antoine († après 1531), qui y ajoute un vestibule à caissons attribué à Jean Goujon (1553). Les façades contrastent entre un nord fortifié (fossés, petites ouvertures) et un sud orné, reflétant l’évolution des goûts architecturaux.
Au XVIe siècle, le manoir passe à Guillaume d’Houdetot, lieutenant des gentilshommes du roi, puis à son fils Antoine, et enfin à Pierre d’Houdetot, mort en 1567 à la bataille de Saint-Denis aux côtés du connétable de Montmorency. Pierre modernise l’édifice avec des lucarnes monumentales et un escalier de pierre. En 1747, le prétendant Stuart Charles-Édouard y séjourne chez son cousin Louis d’Houdetot. Abandonné au XVIIIe siècle au profit d’Herville, le manoir est vendu en 1890, puis restauré à la fin du XIXe siècle par Mlle Marie Le Verdier et l’architecte Émile Janet, qui modifie la façade sud et le vestibule.
Le domaine, incluant un colombier et une motte castrale ceinte de fossés, est partiellement inscrit aux monuments historiques (château en 1932, colombier et motte en 1996). Propriété privée ouverte ponctuellement à la visite, il accueille des événements culturels. Acquis en 2012, il a fait l’objet d’une réhabilitation majeure achevée en 2021, perpétuant son héritage architectural mêlant briques, grès et silex, caractéristique du pays de Caux.