Frise chronologique
1567
Taxation de Jehan de Thilly
Taxation de Jehan de Thilly
1567 (≈ 1567)
Mention dans les rôles nobles de Coutances.
2e moitié du XVIe siècle
Construction du manoir
Construction du manoir
2e moitié du XVIe siècle (≈ 1650)
Période d'édification de la demeure fortifiée.
3 juillet 1975
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
3 juillet 1975 (≈ 1975)
Protection des façades, toitures et porche.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures ; porche d'entrée ; portail conduisant au jardin (cad. AD 174) : inscription par arrêté du 3 juillet 1975
Personnages clés
| Jehan de Thilly - Écuyer et sieur d'Ouville |
Propriétaire taxé pour ses fiefs en 1567. |
| Gilles Dancel - Lieutenant général du bailli de Cotentin |
Auteur du rôle de taxation en 1567. |
Origine et histoire
Le manoir d'Ourville est une ancienne demeure fortifiée édifiée à la fin du XVIe siècle, située sur la commune de La Pernelle, dans le département de la Manche en Normandie. Ce monument, partiellement inscrit aux monuments historiques depuis 1975, illustre l’architecture défensive et résidentielle de la Renaissance tardive. Ses façades en pierre de taille, ses fenêtres à meneaux en granit et son porche à double entrée (charretière et piétonne) témoignent d’un savoir-faire artisanal remarquable pour l’époque. Une tourelle d’angle en échauguette, typique des constructions nobles de cette période, complète le logis principal.
En 1567, Jehan de Thilly, écuyer et sieur d’Escarbouville et d’Ouville, est mentionné dans les rôles de taxation pour ses fiefs, dont celui d’Ouzeville, une vavassorie relevant de la vicomté de Coutances. Ce document, établi par Gilles Dancel (lieutenant général du bailli de Cotentin), atteste de l’importance sociale et économique des seigneurs locaux à cette époque. Le manoir, probablement lié à cette famille, reflète ainsi le statut aristocratique de ses propriétaires, entre pouvoir féodal déclinant et affirmation d’un nouveau prestige architectural.
Les éléments protégés du manoir — façades, toitures, porche d’entrée et portail du jardin — ont été officiellement reconnus par un arrêté du 3 juillet 1975. La porte d’entrée, encadrée de colonnes cannelées et surmontée d’un fronton cintré, ainsi que les fenêtres ouvragées, soulignent l’influence des styles classiques émergents, tout en conservant des traits médiévaux. La localisation du manoir, à 1,8 km au sud-ouest de l’église Sainte-Pétronille, suggère une implantation stratégique, à la fois proche du centre religieux et suffisamment isolée pour assurer une défense efficace.
La structure actuelle du manoir semble incomplète, avec une aile manquante, ce qui pourrait indiquer des remaniements ou des destructions partielles au fil des siècles. Malgré ces altérations, l’édifice reste un exemple représentatif des manoirs-fortifiés normands de la Renaissance, marquant la transition entre les résidences seigneuriales médiévales et les demeures d’agrément de l’époque moderne. Son inscription au titre des monuments historiques en fait un patrimoine à préserver, témoin de l’histoire locale et de l’évolution architecturale régionale.