Origine et histoire du Manoir de Boisorcant
Le manoir de Boisorcant, aussi appelé château du Bois Orcan, est une demeure médiévale située à Noyal-sur-Vilaine, en Ille-et-Vilaine (Bretagne). Construit principalement au XVe siècle, il fut modifié au 4e quart du XVIIIe siècle. Ce monument illustre l’architecture manoriale bretonne, avec des éléments défensifs comme des douves, des tours et des meurtrières. Il abrite aujourd’hui un musée consacré au sculpteur Étienne-Martin, intégré dans un parc de trois hectares exposant ses œuvres monumentales.
Le manoir tire son nom de la famille Orcant, dont Jean Orcant (mort en 1398) légua la seigneurie à sa fille Jamette, épouse d’Alain du Pé. En 1475, Julien Thierry, maître des monnaies de Bretagne et argentier du duc François II, acquiert le domaine. Une reconstruction majeure a lieu entre 1470 et 1520 sous Julien Thierry et son fils Pierre. Le manoir, alors doté de deux tours et d’un fossé, devient un symbole du pouvoir financier de ses propriétaires, proches de la cour ducale bretonne.
Au XVIe siècle, le domaine passe aux Angennes par le mariage de Marguerite Thierry avec Jean d’Angennes. En 1583, la seigneurie est élevée au rang de châtellenie par Henri III, et le manoir prend le nom de « château » en 1692. Le site subit des pillages en 1589 pendant les guerres de Ligue, puis une reconstruction partielle sous Marguerite de Poigny (décédée en 1631), qui détruit deux tours et agrandit les écuries. La propriété change ensuite de mains à plusieurs reprises, passant notamment aux Marguerie, Le Prestre et Bouttier de Château-d’Assy.
Au XVIIIe siècle, le manoir comprend un logis seigneurial, une chapelle, des communs, et un vaste domaine de 52 fiefs s’étendant sur 14 paroisses. Son gibet à quatre piliers et ses trois moulins témoignent de son importance juridique et économique. Classé Monument Historique en 1931 puis 1987, le château est entièrement restauré dans les années 1990, retrouvant la hauteur originale de ses tours et ses enduits intérieurs. Aujourd’hui, il expose des collections de meubles médiévaux et des œuvres d’Étienne-Martin, tout en conservant des éléments architecturaux rares comme un plafond à orbevoies.
Le parc, redessiné par Étienne-Martin, intègre des sculptures monumentales et un centre d’exposition, l’Athanor. Le domaine, inscrit en 1994, allie patrimoine historique et art contemporain, offrant un témoignage unique de la vie seigneuriale bretonne et de la création artistique moderne. Les douves, la cour et la chapelle, reconstruite au XVIIIe siècle, complètent cet ensemble remarquable.