Origine et histoire du Manoir de Chandoiseau
Le manoir de Chandoiseau, anciennement appelé Chant d’Oiseau ou Champdoiseau, est un édifice du XVe siècle situé dans la commune des Trois-Moutiers (Vienne, Nouvelle-Aquitaine). Il remplace une construction antérieure du XIe siècle, démolie pour réutiliser ses matériaux. Le manoir actuel, de forme quadrangulaire, est entouré de fossés et doté d’un puits central. Il est inscrit aux monuments historiques le 6 février 1929.
Les premiers propriétaires identifiés sont les Odart, famille de chevalerie du Loudunais dès le XIIe siècle. Une branche cadette possède Chandoiseau, tandis que l’aînée détient Verrière. Jean Odart (1375–1459/60), conseiller de Charles VII, est le dernier représentant de cette lignée. Sa fille Isabeau épouse Raymond de Corguilleray, puis le manoir passe aux mains des Sainte-Marthe au XVIe siècle, notamment Jacques (médecin des rois Henri II à Henri III) et son frère Louis, homme de lettres.
Le manoir se compose d’un corps de logis principal, deux tours (une ronde et une hexagonale avec escalier à vis), et des fenêtres à meneaux. Une chapelle privée, mentionnée en 1545, est fondée par un ancien seigneur. La tradition rapporte que Jeanne d’Arc y aurait séjourné en 1429. Après des siècles de déclin, le manoir, transformé en ferme, est restauré à partir de 2006 par Antoine Richard.
Les éléments remarquables incluent quatre cheminées du XVe siècle, une charpente en carène renversée, et des mâchicoulis sur la tour sud-ouest. Les latrines, reconstruites en 2011, ne correspondent plus à l’état originel. Le manoir, rattaché au domaine de la Mothe-Chandeniers en 1630, est vendu comme bien national en 1809 avant d’être abandonné jusqu’à sa restauration récente.
Parmi les propriétaires notables figurent Charlotte de la Haye (1501), François de Téligny, et les Sainte-Marthe, dont Denis (1650–1725), grand prieur de Saint-Germain-des-Prés. Leur extinction marque le déclin du manoir, devenu une dépendance agricole. Les archives mentionnent des baux à ferme aux XVIIe et XVIIIe siècles, reflétant son usage agricole progressif.