Frise chronologique
1498
Toiture achevée
Toiture achevée
1498 (≈ 1498)
Couverte d’ardoises et épis de plomb doré.
1497–1500
Construction du logis
Construction du logis
1497–1500 (≈ 1499)
Travaux dirigés par Jean de Caux.
1498–1499
Reconstruction partielle
Reconstruction partielle
1498–1499 (≈ 1499)
Ajout du portail en pierre de Leu.
29 septembre 2000
Classement MH
Classement MH
29 septembre 2000 (≈ 2000)
Inscription en totalité (logis, dépendances).
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Manoir en totalité (logis, terrain d'assiette, y compris la clôture et l'ensemble des bâtiments) (cad. AC lieudit Le Bout du Village, 257) : inscription par arrêté du 29 septembre 2000
Personnages clés
| Jean de Caux - Commanditaire |
Entreprend les travaux de 1497 à 1500. |
| Antoine Bohier - Abbé et mécène |
Ajoute l’escalier à vis et le portail. |
Origine et histoire
Le manoir de Colmont, situé dans le bourg de Perriers-sur-Andelle (Eure, Normandie), est un exemple typique d’architecture seigneuriale de la fin du Moyen Âge. Construit entre 1497 et 1500 par Jean de Caux, il allie modestie et raffinement avec un corps de logis rectangulaire flanqué d’une tour d’escalier, des murs en brique ornés de motifs géométriques, et un soubassement en grès. La bretèche au-dessus de l’entrée et les chaînes d’angle en pierre soulignent son caractère défensif, tandis que l’escalier à vis central, introduit par l’abbé Antoine Bohier, préfigure les innovations architecturales de la Renaissance.
L’ensemble, partiellement reconstruit en 1498–1499, comprend aussi un colombier octogonal en brique et des bâtiments agricoles datant des XVIIe au XIXe siècles (étables, grange, pressoir). Le parti décoratif, mêlant brique et pierre, s’applique à l’ensemble des constructions, avec des larmiers et corniches en pierre, ainsi que des ouvertures encadrées. Le portail, édifié sous Antoine Bohier, utilise de la pierre de Leu acheminée par voie fluviale jusqu’à Rouen, témoignant des réseaux commerciaux de l’époque.
Classé monument historique en 2000, le manoir illustre la transition entre le gothique flamboyant et la Renaissance en Normandie. Son enclos, partiellement clos de murs, abrite un logis conservant des éléments intérieurs remarquables : cheminées, fenêtres à coussièges, et un escalier en vis. La propriété, aujourd’hui communale, reflète l’histoire d’une baronnie modeste mais influente, liée à l’église Saint-Étienne voisine et à la rivière Andelle, axe économique majeur pour le transport des matériaux.
Les sources historiques, comme les travaux de Xavier Pagazani (2014) ou les rapports de la DRAC (2016), soulignent son rôle dans l’étude de l’habitat noble en Haute-Normandie entre 1450 et 1600. Le manoir, avec son colombier et ses dépendances, offre un témoignage complet de la vie seigneuriale, entre exploitation agricole, symboles de pouvoir (bretèche, motifs en brique surcuite), et adaptations architecturales aux besoins des XVIe–XIXe siècles.