Origine et histoire du Manoir de Commeaux
Le manoir de Commeaux, situé dans le département de l'Orne à l'est du bourg de Commeaux, fut construit au 2e quart du XVIe siècle. Il appartenait initialement à la famille Louvet au XVe siècle, avant de passer aux Fresnel au début du XVIe siècle. Nicolas Fresnel, maître administrateur de la Maison-Dieu d'Argentan, en fut propriétaire jusqu'à sa mort en 1518. Ses descendants, dont Jean Fresnel, curé de Neauphe et seigneur de Commeaux, léguèrent le domaine aux Droulin en 1562.
Au XVIIe siècle, le manoir changea plusieurs fois de mains : Philippe Droulin en hérita avant que Claude de Vigneral, écuyer, ne l'acquière en 1657. La famille de Vigneral conserva le domaine jusqu'à la Révolution. En 1789, Jeanne-Françoise de Guerpel, veuve de François de Vigneral, y résidait avec son fils Pierre-François, qui émigra en 1792. Le manoir, confisqué comme bien d'émigré, fut rendu aux héritiers en 1802, mais le château devint une étable après la mort de Mme de Vigneral en 1819.
Racheté en 1861 par le comte Gustave de Vigneral, le manoir fut partiellement restauré après les dommages subis durant la Seconde Guerre mondiale. Classé monument historique le 5 décembre 1963, il est aujourd'hui une propriété privée. Son architecture, typique des manoirs normands, comprend un corps de bâtiment flanqué de deux tourelles et une aile en équerre, avec des éléments intérieurs comme des cheminées et des voûtes bien conservées.
Le manoir se distingue par son escalier en pierre dans une tour à pans coupés et une chapelle aménagée dans une tourelle. Les descriptions de 1909 soulignent la qualité des cheminées et des voûtes des tourelles, malgré un second étage inachevé. Le domaine, autrefois vaste (90 hectares), fut divisé après la Révolution, ne conservant que le château et ses abords immédiats.
Les archives mentionnent des aveux rendus aux duc d'Alençon au XVe siècle, puis au roi pour le fief de Commeaux, illustrant son importance seigneuriale. La succession des familles (Louvet, Fresnel, Droulin, Vigneral) reflète les alliances et transmissions typiques de l'aristocratie normande entre le XVe et le XIXe siècle.