Frise chronologique
vers 1330
Première mention du manoir
Première mention du manoir
vers 1330 (≈ 1330)
Cité dans l’enquête de canonisation de saint Yves.
vers 1375–1400
Construction du logis-porche
Construction du logis-porche
vers 1375–1400 (≈ 1388)
Dendrochronologie sur la tour d’escalier.
vers 1390
Construction par Henri-Philippes de Coëtgoureden
Construction par Henri-Philippes de Coëtgoureden
vers 1390 (≈ 1390)
Conseiller du duc Jean IV de Bretagne.
XVIe siècle ou avant
Construction du colombier
Construction du colombier
XVIe siècle ou avant (≈ 1650)
500 boulins pour 500 hectares.
XVIIIe siècle
Propriété des Cornulier
Propriété des Cornulier
XVIIIe siècle (≈ 1850)
Famille noble bretonne.
16 octobre 2003
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
16 octobre 2003 (≈ 2003)
Manoir et colombier protégés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le manoir et son colombier en totalité (cad. A 216) : classement par arrêté du 16 octobre 2003
Personnages clés
| Henri-Philippes de Coëtgoureden - Conseiller et ambassadeur |
Commanditaire du logis-porche vers 1390. |
| Typhaine de Pestivien - Ancêtre d’Henri-Philippes |
Propriétaire d’un premier manoir en 1330. |
| Jean IV de Bretagne - Duc de Bretagne |
Souverain pour qui Henri-Philippes travaillait. |
| Famille de Cornulier - Propriétaires au XVIIIe siècle |
Derniers seigneurs connus du manoir. |
Origine et histoire
Le manoir de Kerandraou, aussi appelé manoir de la Villebasse, est une maison noble située à Troguéry, dans les Côtes-d'Armor (Bretagne). Datant de la fin du XIVe siècle (vers 1375–1400 selon une analyse dendrochronologique), il illustre l’architecture seigneuriale rurale bretonne. Son plan quadrangulaire, avec une tour cylindrique abritant un escalier à vis, et son passage couvert traversant le rez-de-chaussée, en font un exemple rare de logis-porche. Le manoir était conçu pour accueillir des hôtes prestigieux, comme les ducs de Bretagne en pèlerinage vers Tréguier, ville voisine liée au culte de saint Yves.
Le rez-de-chaussée comprend une cuisine et une salle séparées par le passage, tandis qu’à l’étage, l’appartement seigneurial inclut une salle haute, une garde-robe avec latrines, et une chapelle domestique directement accessible depuis la chambre. Cette chapelle, équipée d’une niche-crédence trilobée et d’un sacraire, témoigne du statut religieux du lieu. Des éléments défensifs subsistent, comme les vestiges d’un hourd (ouvrage en bois) au sommet de la tour et une bretèche au-dessus du portail, rappelant son rôle à la fois résidentiel et protecteur.
Le manoir appartenait au XVIIIe siècle à la famille de Cornulier, mais ses origines remontent à Henri-Philippes de Coëtgoureden, conseiller du duc Jean IV de Bretagne, qui le fit construire vers 1390. Ce dernier compléta un ensemble manorial préexistant, cité dès 1330 dans l’enquête de canonisation de saint Yves, et lié à Typhaine de Pestivien, ancêtre d’Henri-Philippes. Les armoiries disparues au-dessus du portail évoquaient les alliances des Coëtgoureden et des Coëtfrec, familles nobles locales.
Le colombier, situé au sud du logis, abrite 500 boulins (niches), symbolisant les 500 hectares de la seigneurie. Classé Monument Historique en 2003 avec le manoir, il date probablement d’avant le XVIe siècle. Les ailes sud et ouest, partiellement conservées, révèlent des salles médiévales avec cheminées ogivales et placards muraux, tandis que l’aile nord abritait autrefois les écuries. L’ensemble, construit en moellons de schiste et granite, mêle influences défensives et résidentielles, typiques du Trégor.
Situé près du Jaudy, une rivière maritime, le manoir était un relais sur la voie de pèlerinage vers Tréguery, où saint Yves (1253–1303), patron des avocats et des Bretons, avait sa seigneurie voisine (manoir de Kermartin). La dévotion des ducs de Bretagne pour ce saint, ainsi que la position stratégique du site, expliquent son architecture à la fois hospitalière et fortifiée. Aujourd’hui, le manoir et son colombier sont protégés pour leur valeur patrimoniale exceptionnelle.