Origine et histoire du Manoir de Kerenneur
Le manoir de Kerenneur, situé à Plourin dans le Finistère, est un édifice emblématique des XVe et XVIe siècles, reflétant l'architecture défensive bretonne de cette époque. Construit vers 1400 dans un contexte post-guerre de Succession de Bretagne, il allie des éléments fortifiés (mâchicoulis, tour carrée) à des espaces de vie seigneuriaux. La partie la plus ancienne (1400-1450) inclut une tour ronde et un portail défensif, tandis que l'aile principale, plus récente (1540-1550), témoigne d'une recherche de confort accrue, marquée par des lucarnes ouvragées et des salles voûtées.
Initié par Hamon de Kergadiou, le manoir s'étend sur un domaine autrefois complet avec chapelle, moulins et colombier, aujourd'hui disparus. La cour à pavage bouleversé et les bâtiments conservés (grande salle aux blasons, cuisine avec four à pain, escalier en vis) illustrent la vie seigneuriale bretonne. La seconde phase de construction coïncide avec le mariage de Marie de Kergadiou et François de Kersauson, dont les armes ornent encore la cheminée.
Inscrit aux Monuments Historiques en 1977 pour ses façades, toitures et escalier à vis, le manoir a été préservé grâce à une reconversion en lieu d'accueil touristique au XXIe siècle. Il abrite désormais des salles de réception (jusqu'à 150 personnes), des chambres d'hôtes et organise des événements culturels, assurant ainsi sa pérennité. Les propriétaires actuels l'ouvrent au public lors des Journées du Patrimoine et pour des concerts estivaux.
Architecturalement, le manoir suit le modèle breton : bâtiment principal flanqué d'une tour d'escalier, cour close et communs disparus (métairie, moulin à eau). Les éléments défensifs (mur de moellons, mâchicoulis) rappellent les tensions de l'époque, tandis que les espaces intérieurs (salle haute lambrissée, chambre octogonale) révèlent un souci croissant de raffinement à la Renaissance. La chapelle Saint-Antoine, aujourd'hui détruite, complétait cet ensemble seigneurial.
Depuis les années 2000, le manoir allie préservation patrimoniale et activité économique, avec des espaces dédiés aux mariages, séminaires et nuitées. Cette approche permet de financer l'entretien des éléments protégés (portail, escalier à vis) tout en valorisant l'histoire locale. Le site reste un témoignage rare des petits manoirs fortifiés du nord-Finistère, ayant échappé aux transformations majeures.