Origine et histoire du Manoir de Kérépol
Le manoir de Kérépol est un édifice des XVIe et XVIIe siècles situé à Plouaret, dans le département des Côtes-d'Armor en Bretagne. Il se compose d’un corps de logis principal à l’ouest, encadré par deux ailes de dépendances (nord et sud) formant une cour fermée avec une double porte (charretière et piétonne). Ce manoir, à la fois résidence seigneuriale et exploitation agricole, illustre l’architecture rurale bretonne de l’époque moderne, alliant fonction défensive et symbolique.
La seigneurie de Kérépol appartenait à la famille de Kergariou, l’une des plus anciennes de Bretagne, dont les membres portaient le titre de seigneurs sur plusieurs paroisses des environs. Le logis, orienté à l’origine vers l’est, a été agrandi au XVIIe siècle par l’ajout d’une aile sud, tandis que des échauguettes défensives (reconstituées lors de restaurations récentes) flanquaient le pignon sud. Ces éléments architecturaux, inspirés de manoirs voisins comme ceux de Goaz Ru ou Guernanchanay, soulignent le prestige des seigneurs locaux.
Le manoir est partiellement inscrit aux monuments historiques depuis le 18 mars 1991, couvrant spécifiquement le logis et le mur d’enceinte avec sa double porte. Son toponyme, évoqué sous les formes Kerepaul (XVIIIe siècle) ou Kepol (1835), dérive du breton Kêr (village). Isolé dans la campagne, à 1,1 km du bourg de Plouaret, le site est aussi marqué par sa proximité avec la ligne de chemin de fer Paris-Brest (inaugurée en 1865), qui a modifié les accès historiques.
Les archives mentionnent des membres de la famille de Kergariou, comme Olivier (mort en 1684), seigneur de Kerrespol, ou Toussaint, cité en 1690 dans un acte de vente. En 1702, le mariage de Charles de Kergariou avec Gillette Perrine de Pellissier est attesté à Plouaret. Leur blason (d’argent fretté de gueules) et leur devise (« Là où ailleurs, Kergariou ») témoignent de leur ancrage aristocratique. Les dépendances, organisées autour de la cour, incluaient étables, écuries, et caves, reflétant une économie agro-seigneuriale typique de la Bretagne d’Ancien Régime.
La restauration du manoir a permis de reconstituer les échauguettes circulaires, inspirées de modèles locaux des XVIe et XVIIe siècles (comme celles du manoir de Kerariou ou du château de Kerroué). Ces tours de guet, symboles de pouvoir, étaient aussi des points de défense contre les intrusions. Leur reconstruction s’appuie sur des vestiges archéologiques, notamment des consoles en cul-de-lampe et des maçonneries en granite. Le site, aujourd’hui protégé, offre un exemple préservé de l’architecture manorial bretonne, mêlant héritage médiéval et adaptations Renaissance.