Origine et histoire du Manoir de Kermenguy
Le manoir de Kermenguy, situé à Cléder dans le Finistère, remplace un ancien donjon du XIIIe siècle. Le bâtiment actuel, achevé en 1632, est un manoir breton flanqué de deux tourelles, complété par une aile détruite pendant la Révolution. La propriété est caractérisée par une galerie de style Louis XIII, des balustrades et un colombier, tous inscrits aux Monuments Histoires en 1975. Pendant la Révolution, le manoir sert de refuge aux prêtres non assermentés et de quartier général aux troupes contre-révolutionnaires lors de la bataille de Kerguidu en 1793.
La chapelle du domaine, accessible au voisinage, est détruite en 1810 et remplacée par un oratoire intérieur. Les terres et le manoir appartiennent à la famille de Kermenguy depuis plus de six siècles, depuis le mariage en 1400 d’Yvon Derian (ou Derrien) avec Basile de Coëtaudon, dame de Kermenguy. La famille, issue de la noblesse bretonne, compte parmi ses membres des évêques, des croisés, des sénéchaux de Bretagne, ainsi que des chevaliers des ordres de Saint-Michel et de Saint-Lazare.
Le domaine, entouré de bois et desservi par des allées monumentales, comprend un logis en pierre de taille de granite, des lucarnes Renaissance, et des communs construits au XIXe siècle. L’entrée sud, ornée de piliers et de balustres armoriés, mène à une cour où se dresse un puits circulaire. À l’ouest, un grand bâtiment fait office d’écurie, de remise et de grange. L’intérieur du manoir, décoré au XIXe siècle par Jobbé Duval, conserve des traces des remaniements des XVIIe et XVIIIe siècles.
La seigneurie de Kermenguy, l’une des plus importantes de la paroisse de Cléder, disposait de prééminences dans l’église locale dédiée à Saint-Pierre et Saint-Paul. La famille de Kermenguy a également donné des maires, des prêtres, et un député royaliste indépendant, Émile de Kermenguy (1871-1893). Le manoir, symbole de la résistance contre-révolutionnaire et de la continuité familiale, reste un témoignage architectural et historique majeur de la Bretagne.