Origine et histoire du Manoir de Kernault
Le manoir de Kernault, situé à Mellac dans le Finistère, trouve ses origines au début du XVe siècle. Construit vers 1420-1430 par la famille de Talhouët, il fut initialement lié à Jean de Talhouët, clerc d'argenterie à la Chambre des Comptes puis responsable de l'hôtel de la Duchesse de Bretagne. Le logis médiéval, modifié en 1627 (planchers, cheminées) et réaménagé vers 1750, conserve un décor mêlant styles médiéval et classique. Une stèle préhistorique, classée en 1991, atteste d'une occupation bien plus ancienne du site.
Le domaine fut la propriété successive de familles nobles bretonnes : les Lescoët (XVe-XVIe siècles), anoblis en 1464 par le duc François II, les Le Beuff (XVIe siècle), qui y érigèrent un grenier à pans de bois, puis les Le Véer, Coëtnours, et du Vergier de Kerhorlay jusqu'au XXe siècle. Yvon de Lescoët, premier seigneur connu, développa le site en 1471 avec maisons, parcs et prairies. Au XVIIe siècle, la seigneurie de Kernault, partiellement fief royal, dominait 25 villages de Mellac, avec droits sur l'église paroissiale.
Pendant la Révolution, Jean-Marie du Vergier y cacher des prêtres réfractaires. Au XIXe siècle, les du Vergier de Kerhorlay créèrent une ferme expérimentale, puis le domaine devint au XXe siècle un élevage de chevaux sous les Poulpiquet de Brescanvel. Acquis par le département du Finistère en 1990 après le décès de sa dernière propriétaire, il fut classé monument historique en 1991. Depuis 2006, il intègre l'EPCI « Chemins du patrimoine en Finistère » aux côtés de quatre autres sites majeurs.
Le manoir, en cours de restauration depuis 2020, abritait avant l'incendie de janvier 2025 un centre de recherche sur la littérature orale bretonne. Son architecture combine un logis seigneurial à deux étages (escalier en vis, cheminée monumentale du XVe siècle), une chapelle avec vitraux historiques, et des communs à pans de bois abritant aujourd'hui des expositions. Le domaine, étendu sur plusieurs hectares, comprend bois, enclos équestre, vivier et verger, reflétant son double héritage noble et agricole.
Les éléments protégés incluent la stèle préhistorique, les façades et toitures, la grande salle du logis, le jardin Est, et les murs de clôture. Les vitraux de la chapelle, issus de l'ancienne église de Mellac (détruite en 1876), portent les blasons des seigneurs locaux (Lescouët, Quimerc'h, Hautbois). Le site, propriété départementale, accueille désormais des expositions dans ses communs et participe à la valorisation du patrimoine finistérien, avec 173 555 visiteurs enregistrés en 2009 pour les cinq domaines associés.