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Manoir de Kernault à Mellac dans le Finistère

Patrimoine classé Demeure seigneuriale Manoir

Manoir de Kernault

  • 420-421 Kernestour
  • 29300 Mellac
Manoir de Kernault
Manoir de Kernault
Manoir de Kernault
Manoir de Kernault
Manoir de Kernault
Manoir de Kernault
Manoir de Kernault
Manoir de Kernault
Manoir de Kernault
Manoir de Kernault
Manoir de Kernault
Crédit photo : Monstruosator - Sous licence Creative Commons
Propriété du département
29300 Mellac, 420-421 Kernestour

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1420-1430
Construction du manoir
1471
Aménagements par Yvon de Lescoët
1627
Réparations des planchers
XVIIe siècle
Construction du grenier
1750
Réaménagement intérieur
1990
Acquisition par le département
1991
Classement historique
2020
Restauration et incendie
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Stèle préhistorique à l'Ouest : inscription par arrêté du 13 mars 1991 ; Façades et toitures de l'ensemble des bâtiments (à l'exclusion des deux dépendances du 19s de la cour et du jardin) ; grande salle du rez-de-chaussée du logis ; jardin situé à l'Est ; murs de clôture avec leur portail (cad. D 339, 341, 343) : classement par arrêté du 13 août 1991

Personnages clés

Jean de Talhouët Clerc d'argenterie à la Chambre des Comptes, responsable de l'hôtel de la Duchesse de Bretagne.
Yvon de Lescoët Premier propriétaire connu, anobli en 1464 pour ses terres de Guilligourgant.
Forestier le Jeune Architecte responsable du réaménagement intérieur vers 1750.
Jean-Marie du Vergier Propriétaire pendant la Révolution, a caché des prêtres réfractaires.
Jacques de Poulpiquet de Brescanvel Propriétaire au XXe siècle, éleveur de chevaux de selle.
Fañch Postic Responsable du centre de recherche et de documentation sur la littérature orale.

Origine et histoire du Manoir de Kernault

Le manoir de Kernault, situé à Mellac dans le Finistère, a été construit vers 1420-1430 par la famille de Talhouët. Jean de Talhouët, clerc d'argenterie à la Chambre des Comptes en 1420, assura entre 1423 et 1433 la responsabilité de l'hôtel de la Duchesse de Bretagne. En 1627, le logis connut des réparations des planchers et des cheminées qui n'altérèrent pas la structure médiévale ; les communs sud à pans de bois, de même type que la galerie de Tréhardet en Bignan, furent élevés à la même époque. Vers 1750, une campagne de réaménagement menée par Forestier le Jeune instaura un nouveau décor intérieur et agrandit les ouvertures de la façade sud. Malgré des interventions et l'adjonction de bâtiments aux XIXe et XXe siècles, l'ensemble a préservé un décor médiéval et classique de qualité, représentatif d'une demeure noble rurale des XVe au XVIIe siècle.

La seigneurie et le domaine passèrent successivement, par alliances, aux familles de Lescoët, Le Beuff, Le Véer, Coëtnours, du Vergier de Kerhorlay, puis des Poulpiquet de Brescanvel. Le premier propriétaire connu, Yvon de Lescoët, fut anobli en 1464 pour ses terres de Guilligourgant et fit réaliser plusieurs aménagements à Kernault en 1471. Au milieu du XVIe siècle, vingt-cinq villages de la paroisse de Mellac dépendaient de la seigneurie, dont le seigneur se déclarait prééminencier et supérieur de l'église, où enfeus, vitraux et bancs portaient ses armes ; la seigneurie relevait alors pour moitié du fief de Quimerc'h et pour moitié du fief du roi. Au XVIIe siècle, la famille Le Beuff fit édifier un vaste grenier à pans de bois, marquant la vocation agricole du domaine, et au XVIIIe siècle la salle seigneuriale reçut des boiseries sculptées.

Pendant la Révolution, Jean-Marie du Vergier y cacha des prêtres réfractaires, puis, sous le Premier Empire, la famille du Vergier de Kerhorlay y organisa une ferme expérimentale. Par mariages, le domaine devint au XXe siècle la propriété de la famille De Poulpiquet de Brescanvel, et Jacques de Poulpiquet de Brescanvel y mena un élevage de chevaux de selle. À la suite du décès de sa propriétaire en février 1989, le département du Finistère acquit le manoir et ses dépendances en juin 1990 ; le site fut classé au titre des monuments historiques par arrêté du 13 août 1991 et fit l'objet d'importants travaux de restauration.

Depuis le 1er janvier 2006, le manoir fait partie de l'établissement public de coopération culturelle "Chemins du patrimoine en Finistère", qui regroupe plusieurs domaines patrimoniaux du département ; en 2009, ces sites ont accueilli 173 555 visiteurs. Le manoir abrite aussi le centre de recherche et de documentation sur la littérature orale, sous la responsabilité de Fañch Postic et du Centre de recherche bretonne et celtique. Une campagne de restauration entamée à l'automne 2020 devait s'achever en mars 2025, mais une partie du manoir a été détruite par un incendie déclaré le 12 janvier 2025 alors que les travaux étaient en cours d'achèvement.

Le domaine se compose de l'ancien logis seigneurial prolongé par une longère et une chapelle, ainsi que d'un vaste corps de bâtiments construit dans la première moitié du XVIIe siècle en vis-à-vis du logis, séparé par une cour. Ce bâtiment de passage comprend un logement de métayer, une remise à voitures dotée d'une arcade et un immense grenier à blé dont l'élévation sur cour est en pans de bois. Le domaine, qui s'étend sur plusieurs hectares, comprend des bois, un enclos pour chevaux, un vivier et un verger. Le logis principal, à deux étages et combles, possède un escalier monumental en vis, une grande salle avec une imposante cheminée en pierre de la fin du XVe siècle et deux pièces de tapisserie. Les armes des Le Véer et des de Lescouët sont visibles sur les lucarnes ; la chambre seigneuriale communiquait avec la chapelle par une petite baie dite hagioscope, tandis qu'un autre accès permettait à la domesticité d'assister aux offices. La verrière de la chapelle conserve des fragments de vitraux provenant de l'ancienne église paroissiale de Mellac, détruite en 1876, où figurent les blasons des anciens seigneurs, notamment les familles de Hautbois et de Quimerc'h en haut, et Lescouët et du Tertre en bas. Les communs à pans de bois sont aujourd'hui reconvertis en lieu d'exposition.

Liens externes

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