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Manoir de l'Estrasselle à Beuvry dans le Pas-de-Calais

Patrimoine classé
Demeure seigneuriale
Manoir
Pas-de-Calais

Manoir de l'Estrasselle

    203-437 Rue de l'Estracelles
    62660 Beuvry
Propriété d'une association
Crédit photo : Floflo62 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1435
Première mention du fief
vers 1530
Construction du premier logis
1569
Premier bail agricole
1629
Construction du second logis
1666
Arrentement perpétuel
18 avril 1966
Inscription aux Monuments Historiques
26 juillet 2004
Incendie dévastateur
2016
Restauration majeure
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures (cad. B 136) : inscription par arrêté du 18 avril 1966

Personnages clés

Famille Esmenault - Premiers propriétaires attestés Constructeurs présumés du logis XVIe siècle.
Guillaume II de Croix - Seigneur par mariage (1548) Époux d’Isabeau d’Esmenault, héritière du fief.
Charles de Croix - Seigneur au XVIIe siècle Commanditaire du logis de 1629.
Philippe Decroix - Sauveur du manoir (années 1970) Fonda l’association de restauration et musée.
Philippe II Malet de Coupigny - Propriétaire en 1692 Acquit le manoir par mariage.
François Berche - Acheteur en 1911 Cultivateur propriétaire avant la Première Guerre.

Origine et histoire

Le manoir de l'Estrasselle, situé à Beuvry dans les Hauts-de-France, est un ensemble architectural composé de deux logis des XVIe et XVIIe siècles, entourés de fossés. Le premier logis, probablement construit vers 1530 par la famille Esmenault, présente des caractéristiques défensives comme des ouvertures de tir et un pont-levis. Ses murs en brique, décorés de motifs géométriques, et ses encadrements en grès reflètent l’influence des matériaux locaux. Le site, initialement fief seigneurial, est mentionné dès 1435, mais sa première attestation bâtie remonte à 1569, lorsqu’il est loué à un laboureur par la famille de Croix, héritière des Esmenault par mariage.

La construction du second logis en 1629, datée par un chronographe sur son linteau, marque une extension du manoir sous la famille de Croix. Ce logis, en équerre avec le premier, intègre des éléments décoratifs plus élaborés, comme des portes à piédroits sculptés et des peintures murales du XVIIe siècle, partiellement préservées malgré l’incendie de 2004. Le manoir, loué comme exploitation agricole dès 1666, passe entre les mains de familles nobles (du Pont, Malet de Coupigny) jusqu’à la Révolution. Ses fossés, sa tour-porche et ses lucarnes à meneaux illustrent son double usage : résidence seigneuriale et ferme.

Au XIXe siècle, le domaine devient une exploitation agricole moderne, avec l’ajout d’un moulin à eau (1851) puis à vapeur, avant d’être transformé en brasserie. Occupé par les troupes anglaises pendant la Première Guerre mondiale, il est sauvé de la ruine par son inscription aux Monuments Historiques en 1966. Dans les années 1970, Philippe Decroix, conservateur du patrimoine, crée une association pour le restaurer et y installer un musée agricole. L’incendie de 2004 détruit une partie des intérieurs, dont des peintures murales classées, mais des travaux de réhabilitation (2016) redonnent au manoir son aspect d’origine, avec toiture en tuiles plates et façades en brique restaurées.

Les fouilles archéologiques de 2015 ont révélé l’évolution du site, depuis son rôle de fief médiéval jusqu’à son déclin comme ferme louée. Les familles tenantes, comme les de Croix ou les Malet de Coupigny, y ont laissé des traces architecturales (blasons, chronographes). Aujourd’hui propriété de l’agglomération de Béthune-Bruay, le manoir attend une nouvelle vocation culturelle, tout en conservant ses éléments protégés : fossés, tour-porche, logis à pans de bois, et décors intérieurs (peintures, cheminées monumentales).

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