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Manoir de la Belle Jonchère à Veigné en Indre-et-Loire

Patrimoine classé
Demeure seigneuriale
Manoir

Manoir de la Belle Jonchère

    Route de Saint-Branchs
    37250 Veigné
Propriété privée
Manoir de la Belle Jonchère
Manoir de la Belle Jonchère
Manoir de la Belle Jonchère
Crédit photo : Nataters - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1600
1700
1800
1900
2000
2100
1070
Première mention écrite
milieu XVIe siècle
Construction du logis principal
vers 1670
Agrandissements majeurs
1776
Description du pigeonnier
1875
Acquisition par les Drake del Castillo
1950
Inscription aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui
fin XXe siècle
Restauration et réhabilitation

Patrimoine classé

Les façades et les toitures ; la cheminée de la salle de l'aile Est ; le colombier et les communs (cad. C 1409, 1410) : inscription par arrêté du 29 juin 1950

Personnages clés

Guillaume de Maillé - Propriétaire en 1448 Premier seigneur connu du fief médiéval.
Galiot Mandat - Échevin de Tours (1561) Propriétaire sous la Renaissance, figure politique locale.
Nicolas Lefebvre - Maire de Tours (1668) Agrandit le manoir au XVIIe siècle.
Alexandre Lefebvre de La Faluère - Trésorier de France (1692) Propriétaire sous Louis XIV, symbole de l’ascension bourgeoise.
Emmanuel et Jacques Drake del Castillo - Acquéreurs en 1875 Conservent le domaine jusqu’en 1925.
Françoise Ducasse - Propriétaire en 1774 Veuve de René-Louis de La Barre, héritière du domaine.

Origine et histoire

Le manoir de la Belle Jonchère est un édifice emblématique de l’architecture seigneuriale tourangelle, construit vers le milieu du XVIe siècle sur un site occupé dès l’Antiquité. Les fouilles archéologiques ont révélé des tessons de poteries gallo-romaines, attestant d’une occupation ancienne, tandis que les premières mentions écrites remontent à 1070 sous le nom de « Grande Jonchère ». Ce fief, initialement dépendant du château d’Esvres, fut érigé en résidence noble par des familles influentes de Tours, reflétant le prestige des élites locales sous la Renaissance.

Le XVIe siècle marque en Touraine une période de prospérité architecturale, portée par l’influence des châteaux de la Loire et l’enrichissement des notables urbains. Le logis principal, de style Renaissance, se caractérise par ses deux ailes en équerre et ses tours cylindriques, typiques des demeures seigneuriales de l’époque. Ces éléments s’inspirent probablement du château de la Guéritaulde, aujourd’hui disparu, dont la Belle Jonchère aurait repris certains traits stylistiques.

Au XVIIe siècle, le manoir connaît d’importants agrandissements, notamment la fermeture de la cour d’honneur par des bâtiments annexes et la construction d’un pavillon de garde à comble à la Mansart. Ces transformations répondent aux nouvelles exigences de confort et de représentation sociale, tandis que le domaine passe entre les mains de familles bourgeoises tourangelles, comme les Lefebvre ou les Ducasse, souvent liées aux charges municipales ou financières. Le manoir est également témoin d’évolutions économiques, devenant une ferme dépendante du domaine de la Guéritaulde avant de retrouver son statut résidentiel à la fin du XXe siècle.

Parmi ses propriétaires marquants figurent Galiot Mandat, échevin de Tours au XVIe siècle, ou Alexandre Lefebvre de La Faluère, trésorier de France sous Louis XIV. Ces personnages illustrent l’ascension sociale des élites tourangelles, souvent mêlées à l’administration royale ou locale. Au XIXe siècle, les frères Drake del Castillo, acquéreurs en 1875, préservent le domaine jusqu’en 1925, évitant ainsi des transformations radicales.

La tour-pigeonnier, d’un diamètre de « trente-trois pieds » selon les archives de 1776, est partiellement reconvertie en chapelle au XIXe siècle, puis surélevée. Ces aménagements reflètent les adaptations successives du manoir aux besoins de ses occupants, entre fonction agricole et vocation résidentielle. La reconnaissance patrimoniale intervient en 1950 avec une inscription partielle aux monuments historiques, couvrant les éléments architecturaux les plus remarquables.

Des travaux de restauration entrepris à la fin du XXe siècle permettent de redonner au manoir son éclat d’antan, tout en l’adaptant à un usage contemporain. Aujourd’hui, la Belle Jonchère incarne à la fois l’héritage Renaissance de la Touraine et les mutations d’un patrimoine rural préservé.

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