Origine et histoire
Le manoir de la Belle-Noë, situé au sud-est du bourg de Dol-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine), fut construit en 1710 pour Georges de La Haye, seigneur d'Andouillé et Cesson. Son architecture, typique du premier XVIIIe siècle, associe un corps central allongé flanqué de deux pavillons latéraux, encadré par deux terrasses à l’est et à l’ouest. Les dépendances, au sud, incluent une écurie en pan-de-bois et un fournil à double four. Le domaine s’étend sur un parc de 3 hectares, préservant fossés, jardins et allées d’origine.
Au XVIIIe siècle, le manoir passe à Gilles François Sébire, puis, sous la Révolution, à Denis Basile Lothon, directeur des domaines. En 1826, il devient la résidence de campagne du corsaire Robert Surcouf, qui y séjournait déjà depuis 1810 pour chasser et se reposer. Transmis à ses descendants, le domaine est progressivement délaissé avant d’être acquis en 1922 par la famille Collichet, qui l’exploite comme ferme. En 2005, Marie-Laure et Loïc Lemaire (descendants de Noël Nicolas Surcouf, frère de Robert) rachètent la propriété et entreprennent sa restauration.
Classé monument historique en 2006, le manoir conserve intactes ses dispositions intérieures et extérieures du XVIIIe siècle. Son inscription protège le logis, les dépendances, le puits, les vestiges du portail, ainsi que les terrasses, murs, fossés et anciens jardins. Le site témoigne à la fois de l’architecture rurale bretonne et de l’histoire maritime liée aux corsaires, notamment via la famille Surcouf.
Le manoir se distingue par son accès original : un pont dormant enjambe un fossé formant une cour anglaise, permettant un accès de plain-pied aux pièces communes et aux caves. Les dépendances, réparties au nord et au sud du logis, illustrent l’organisation agricole d’origine. Construit sur un coteau dominant une rivière, il remplace un ancien manoir médiéval du même nom, aujourd’hui disparu.
Les propriétaires actuels, liés à l’histoire corsaire de la région, ont redonné vie à ce patrimoine. Leur ancêtre, Noël Nicolas Surcouf, servit comme officier à bord du Revenant lors des campagnes de son frère Robert dans l’océan Indien (1807–1809). Un autre aïeul, René Noël Rosse, était également corsaire, renforçant le lien entre le manoir et l’histoire maritime bretonne.