Frise chronologique
1223
Première mention du fief
Première mention du fief
1223 (≈ 1223)
Pierre de Longué y prélève une rente.
1302
Héritage de Jehan de Brézé
Héritage de Jehan de Brézé
1302 (≈ 1302)
Construction probable du manoir actuel.
1609
Vente du domaine
Vente du domaine
1609 (≈ 1609)
Bâtiment décrit comme en ruine.
25 avril 2005
Classement monument historique
Classement monument historique
25 avril 2005 (≈ 2005)
Inscription des ruines et plate-forme.
2009
Effondrement partiel
Effondrement partiel
2009 (≈ 2009)
Accès aux souterrains bouché.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les ruines du manoir, y compris la plate-forme fossoyée (cad. AD 383) : inscription par arrêté du 25 avril 2005
Personnages clés
| Pierre de Longué - Seigneur du fief en 1223 |
Prélève une rente en vin. |
| Jehan de Brézé - Héritier en 1302 |
Probable constructeur du manoir. |
Origine et histoire
Le manoir de la Bouchardière, situé à Saint-Cyr-en-Bourg dans le département de Maine-et-Loire, est une maison forte dont les origines remontent au moins au XIIIe siècle. En 1223, le fief appartient déjà à Pierre de Longué, qui y prélève une rente en vin pour les religieux de Louroux. Le bâtiment actuel, caractérisé par des éléments sculptés et une structure défensive, est vraisemblablement construit à la fin du XIIIe ou au début du XIVe siècle par Jehan de Brézé, héritier du domaine en 1302. Le site, stratégique au carrefour de voies anciennes (Saumur-Loudun et Montreuil-Fontevraud), domine une pente offrant une vue dégagée sur les alentours.
Le manoir reste dans la famille Brézé pendant trois siècles, jusqu’à sa vente en 1609, où il est décrit comme « en ruine et décadent ». Au XXe siècle, il n’en subsiste qu’un pan de mur sud, vestige d’un logis-tour quadrangulaire de 14 mètres de côté, doté de contreforts et de tourelles circulaires. Ce mur conserve un couloir et un escalier, témoignages des distributions médiévales. Le puits de lumière à l’est du bâtiment, aujourd’hui partiellement obstrué, éclairait autrefois de vastes salles souterraines, dont l’accès est désormais bouché depuis l’effondrement de 2009.
Classé monument historique en 2005 après son rachat par la commune en 1998, le manoir fait l’objet depuis les années 2010 de tentatives de restitution partielle. La façade sud, ornée de sculptures, révèle trois niveaux distincts : un rez-de-chaussée dédié aux communs, un premier étage réservé à la salle d’apparat, et un second étage pour la vie privée du seigneur. Les propriétaires successifs depuis 1965 (M. Héron, M. Dufoix, puis la commune) ont œuvré à sa préservation, malgré son état de ruine avancé.
Les fouilles et études, comme celles publiées par Gaël Carré en 2000, soulignent l’importance architecturale du site, typique des maisons fortes angevines. Bien que les souterrains ne soient pas accessibles, les vestiges visibles, incluant le puits et les éléments défensifs, offrent un aperçu rare de l’habitat seigneurial médiéval dans la région. Le manoir illustre ainsi l’évolution des fortifications privées entre le XIIIe et le XVIIe siècle, avant leur déclin progressif.